Canada
En 1659, les trois premières Hospitalières s’établissent à l’Hôtel-Dieu de Montréal, posant ainsi les bases d’une communauté en Amérique.

Hôtel-Dieu de Kingston, 1845‑2017
Débuts de la fondation
En 1841, l’évêque du diocèse de Kingston, monseigneur Rémi Gaulin, demande aux Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph de Montréal d’envoyer des sœurs pour soigner les malades, les pauvres et les plus démunis de sa ville. Les Hospitalières acceptent de fonder un hôpital et un orphelinat à Kingston. Sœur Amable Bourbonnière est choisie comme fondatrice avec les sœurs Huguette Claire Latour, Louise Davignon et Émilie Barbari comme assistantes. À cette époque, les logements sont rares à Kingston, capitale de la province du Haut-Canada. Les bâtiments sont finalement obtenus en 1845 et les quatre sœurs quittent Montréal en bateau à vapeur le 1er septembre pour commencer la nouvelle fondation de Kingston.
Les Hospitalières amorcent leur nouveau ministère dans deux petites maisons de la rue Brock, l’une pour l’Hôtel-Dieu et l’autre pour leur monastère. Elles agrandissent leur hôpital, en ajoutant des bâtiments entre et à côté des bâtiments originaux de l’hôpital et du monastère, mais elles ont toujours besoin de plus d’espace. En 1892, les sœurs hospitalières déménagent de l’autre côté de la rue Brock dans l’ancien Regiopolis College situé sur la rue Sydenham. Au fil des ans, de nombreux ajouts et des rénovations sont effectués pour répondre aux besoins changeants de la communauté. Des bâtiments importants sont ajoutés chaque décennie du XXe siècle, remplaçant ou intégrant des bâtiments plus anciens. Au début des années 1980, l’Hôtel-Dieu de Kingston couvrait l’ensemble du pâté de maisons.
Formation du personnel infirmier
Au fil du temps, il devient évident que les sœurs à elles seules ne peuvent pas fournir à tous les soins infirmiers requis dans leur hôpital en plein progrès. Afin de garantir la disponibilité d’infirmières hautement qualifiées à l’hôpital, sœur St. Charles (Louise O’Connor) fonde l’École d’infirmières St. Joseph. Les premières classes s’ouvrent en 1912. L’École, qui demeure en fonction jusqu’en 1974, aura formé près de 1,700 infirmières diplômées de l’Hôtel-Dieu.
L’excellence de l’enseignement s’est poursuivie à l’École des archives médicales (1935), à l’École de technologie médicale (1949) et à l’École de radiologie (1957). Grâce à son affiliation à l’École de médecine de l’Université Queen’s fondée en 1854, l’hôpital a attiré les meilleurs médecins, qui transmettent leurs connaissances à la prochaine génération de résidents et d’internes. L’hôpital reste un centre d’excellence en matière de recherche.
Passage à des soins ambulatoires
Dans la foulée de la restructuration des soins de santé en Ontario à la fin des années 1990 et au début des années 2000, l’Hôtel-Dieu devient un établissement de soins ambulatoires. Il fournit aujourd’hui des soins spécialisés à plus de 500 000 personnes de Kingston et du sud-est de l’Ontario par le biais de programmes spécialisés, notamment en pédiatrie, médecine, ophtalmologie, cardiologie, urologie, chirurgie, santé mentale, oncologie et soins d’urgence.
Le 1er avril 2017, l’Hôtel-Dieu est officiellement intégré à l’Hôpital général de Kingston, formant ainsi le Centre des sciences de la santé de Kingston. Toutefois, l’Hôtel-Dieu demeure un établissement de santé catholique reconnu. Il continue de promouvoir la mission et les valeurs des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph et fait partie de Santé Catholique Internationale
Les sœurs ont d’abord vécu à l’hôpital et, plus tard, de l’autre côté de la rue, à la Communauté du 202 Johnson Street, jusqu’en 2019.
Lieux d’hébergement
Depuis septembre 2012, les sœurs de la communauté Saint-Joseph de Kingston vivent avec les Sœurs de la Providence au 1200, rue Princesse. Neuf sœurs y résident, et une sœur vit dans une résidence privée.
Cette communauté est composée des sœurs qui faisaient auparavant partie de la communauté de la Maison régionale Saint-Joseph à Amherstview et de la communauté de Kingston au 202 Johnson Street.
Amherstview, Maison provinciale St-Joseph, 1957‑2012
En 1952, sous la direction de Mère Cecelia Murray, les bureaux du généralat anglophone et le noviciat déménagent de l’Hôtel-Dieu de Kingston à une nouvelle résidence, connue sous le nom de Mont Saint-Joseph sur le lac Franklin, chemin Perth, Ontario.
Le 19 mars 1953, le généralat anglophone devient la province Saint-Joseph. Afin de se rapprocher de Kingston, le conseil provincial, sous la direction de la supérieure provinciale, mère Gertrude Borden, achète un terrain à Amherstview et fait construire un nouvel édifice. Celui-ci est béni par l’archevêque J. A. O’Sullivan en avril 1957.
Le 8 mai 1957, les sœurs, les novices et les sœurs de l’infirmerie emménagent dans la nouvelle Maison provinciale Saint-Joseph. Le noviciat demeure à Amherstview jusqu’en 1961, date à laquelle les sœurs en formation vivent à Ottawa. De 1978 à 1987, les jeunes sœurs reçoivent leur formation dans le cadre du programme intercongrégationnel Galilée, basé à Arnprior, en Ontario, où les Hospitalières de St-Joseph ont leur noviciat.
La Maison provinciale, devenue Maison régionale en 2001, sert de centre administratif pour la Région jusqu’en 2012.
Attention aux besoins de la région
En 1957, à la demande de la communauté catholique locale, les sœurs accueillent les paroissiens d’Amherstview dans la chapelle Sainte-Famille, jusqu’à la construction et l’ouverture de l’église du Saint-Sacrement en 1981.
Les Hospitalières de St-Joseph répondent aux besoins des enfants de la région en envoyant des enseignantes dans les écoles séparées locales. Le 8 décembre 1957, l’école Our Lady of Mount Carmel est ouverte à Amherstview et sœur Gertrude McLauchlan est la première directrice. Les sœurs enseignent dans cette école jusqu’en 1969. Elles enseignent aussi à l’école séparée St. Linus, à Bath, en Ontario, de 1967 à 1973.
Banque alimentaire Partners in Mission, 1984‑2012
Fidèles à leur mission de servir les personnes les plus démunies, les sœurs mettent sur pied, en juin 1984, la banque alimentaire Partners in Mission (Partenaires de la mission). Avec l’aide de bénévoles, elles entreprennent la collecte et la distribution de nourriture dans leur Maison provinciale jusqu’en novembre 1985. À cette date, elles ouvrent un entrepôt plus grand et un centre de distribution à l’église du Rédempteur à Kingston. Un dépôt est maintenu à la Maison provinciale ou régionale pour continuer de servir les personnes dans le besoin à Amherstview jusqu’à sa fermeture en 2012. De plus, les sœurs soutiennent le programme Meals on Wheels (Repas à domicile) de la région, avec des repas chauds préparés par le personnel de cuisine de la Maison régionale Saint-Joseph et apportés aux personnes confinées à la maison.
Système de santé RHSJ, 1984‑2010
Ce système de santé catholique est le premier à être établi au Canada. Il est inauguré, en 1984, à la Maison provinciale sous la présidence de sœur Rosalia Cobey. En 1988, le siège du Système de Santé des Religieuses Hospitalières de St-Joseph est transféré à Kingston et, en 2010, il est intégré au groupe Santé Catholique Internationale.
Hôtel-Dieu de Windsor, hôpital, orphelinat et école, 1888‑2010
Les débuts de la fondation
L’Hôtel-Dieu de Windsor est fondé en 1888 à la demande du doyen J.T. Wagner et de monseigneur John Walsh, évêque de London en Ontario. Le doyen Wagner souhaitait créer une école et un orphelinat pour s’occuper des enfants noirs qui émigraient du sud des États-Unis.
Mère Justine Bonneau, supérieure de Montréal, promet l’assistance des Hospitalières de St-Joseph. Le doyen Wagner saisit cette occasion et les invite à Windsor pour construire un hôpital, ouvrir un orphelinat et une école. Mère Joséphine Paquette accompagnée des sœurs Joséphine Lamoureux, Philomène Carrière, Joséphine Boucher et Victoire Caron, quittent la Maison mère de Montréal pour entreprendre cette nouvelle mission. Elles arrivent à Windsor le 14 septembre 1888. L’orphelinat et l’école pour les enfants noirs débutent en 1890 et servent la région jusqu’au 31 décembre 1892. Trois enfants restent sous la responsabilité des sœurs jusqu’au 5 mars 1893.
En février 1890, l’Hôtel-Dieu de Windsor, d’une capacité de 100 lits, ouvre ses portes après un an et demi de construction. De nouvelles ailes sont ajoutées et des rénovations majeures sont entreprises au fil des ans, faisant de l’hôpital un établissement moderne en soins aigus de 450 lits, pouvant accueillir plus de 130 000 patients par an.
En 1993, les sœurs de Windsor concluent une alliance avec l’Armée du Salut et l’hôpital prend le nom d’Hôtel-Dieu Grace. En octobre 2013, l’Hôtel-Dieu Grace et l’Hôpital régional de Windsor réorganisent les services hospitaliers dans la ville de Windsor. L’Hôtel-Dieu Grace prend en charge les activités du campus Tayfour de l’Hôpital régional de Windsor sur le chemin Prince, et l’Hôpital régional de Windsor reprend celles de l’Hôtel-Dieu Grace au centre-ville sur l’avenue Ouellette. L’Hôtel-Dieu Grace, rebaptisé Hôtel-Dieu Grace Healthcare, offre des services en santé mentale et toxicomanie pour les adultes, en santé mentale pour les enfants et les adolescents, en réadaptation, en soins médicaux complexes et en soins palliatifs.
Prendre soin des personnes âgées
Le soin des personnes âgées inquiète les sœurs depuis un bon moment. En 1944, les Hospitalières de St-Joseph achètent la maison Murphy sur la promenade Riverside pour l’hébergement de 15 personnes. Trois religieuses, les sœurs Maria Guévin, Catherine Renaud et Stella Tremblay quittent la communauté de l’hôpital pour prendre en charge le foyer connu à l’époque sous le nom de Foyer St-Jean l’Évangéliste et plus tard sous celui de Résidence Villa Maria.
Les besoins de la communauté augmentant, les sœurs achètent une résidence adjacente qui peut assurer des soins à plus de 27 personnes. En 1950, soutenues par une campagne diocésaine, les sœurs font l’acquisition d’une maison avoisinante pouvant accommoder 15 résidents additionnels. Les trois maisons séparées présentant de nombreux inconvénients, la décision est prise de commencer la construction d’une nouvelle résidence pour personnes âgées qui ouvrira ses portes le 23 septembre 1956. La très attrayante bâtisse de deux étages, située sur les rives de la rivière Détroit, a une capacité de 120 lits. En 2003, le gouvernement de l’Ontario décide de fermer la résidence Villa Maria et les sœurs partent rejoindre la communauté de l’Hôtel-Dieu.
En 2009, les dernières sœurs quittent l’Hôtel-Dieu de Windsor. Elles sont nommées à la Maison régionale Saint-Joseph d’Amherstview et à la Maison mère de Montréal. Sœur Rose-Marie Dufault reste à Windsor pour conclure les transactions de fermeture et retourne à la Maison mère de Montréal en avril 2010.
Hôtel-Dieu de Cornwall, 1897‑1955
À l’invitation de monseigneur Alexander Macdonnell, premier évêque d’Alexandria, les Religieuses Hospitalières de St-Joseph de Kingston acceptent d’ouvrir un hôpital à Cornwall. Cette nouvelle mission est confiée à cinq religieuses, les sœurs Mary Ann Donnelly, Ann Hopkins, Janet Macdonell, Margaret Powers et Katherine McCarthy. La première fondation des Hospitalières de Kingston devient une réalité à Cornwall le 9 février 1897, lorsque l’Hôtel-Dieu ouvre ses portes dans une maison nouvellement rénovée, nulle autre que celle de l’ancien premier ministre de l’Ontario, l’honorable John Sandfield Macdonald. Un nouvel hôpital sera bientôt construit sur la rue Water.
Macdonell Memorial Hospital, 1955
Les installations de la rue Water ne suffisant plus à répondre aux besoins grandissants de la communauté, les sœurs planifient la construction d’un nouvel hôpital sur une propriété léguée aux Religieuses Hospitalières de St-Joseph par la famille Allan Macdonell. En septembre 1955, l’hôpital moderne de l’Hôtel-Dieu sur l’avenue McConnell est achevé et ouvre officiellement ses portes. L’hôpital d’origine situé sur la rue Water est rénové pour accueillir les patients souffrant de maladies chroniques. Il est rebaptisé Macdonell Memorial Hospital.
En 1989, une nouvelle annexe de 100 lits est construite à l’Hôtel-Dieu et les malades chroniques sont transférés du Macdonell Memorial au nouveau Janet Macdonell Pavilion. En 1992, la Société de logement des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph (RHSJ Housing Corporation) transforme le bâtiment de l’hôpital Macdonell Memorial en appartements et lui donne le nom de Marie-de-la-Ferre. Cet immeuble à but non lucratif est destiné aux personnes âgées et comprend 59 appartements, dont six pour personnes handicapées.
Foyer St-Paul et Villa Saint-Joseph, 1898-2025+
En 1898, les Religieuses Hospitalières de St-Joseph inaugurent le Foyer St-Paul pour y accueillir et soigner des personnes âgées. Comme capacité maximale, le Foyer peut héberger 100 résidents dans quatre grands dortoirs. Après plus de 65 années de bons services, le Foyer St-Paul ferme ses portes et est démoli en 1964. Un nouvel établissement nommé Villa Saint-Joseph remplace la résidence des infirmières et l’ancienne École d’infirmières de l’Hôtel-Dieu en fonction de 1928 à 1967, qui a cédé la place à l’École régionale d’infirmières de Cornwall. La Villa d’une capacité de 150 lits a été inaugurée le 27 août 1969.
En 1998, les installations de la Villa ont besoin d’être modernisées, mais les rénovations prévues ne répondent pas aux normes. Il est donc décidé de reconstruire sur le terrain de la rue York. Dans le cadre du processus de restructuration des soins de santé en Ontario, les Hospitalières de St-Joseph prennent la décision de transférer l’emplacement de l’Hôtel-Dieu à la ville de Cornwall et d’assumer la responsabilité des soins de longue durée et des soins continus complexes dans un nouvel établissement sur le site de la Villa. En 2004, avec la mise en œuvre de ces orientations, le nom de l’établissement est modifié pour devenir le Centre de soins prolongés St-Joseph.
Le Centre de soins prolongés St-Joseph, qui comprend des installations de soins continus complexes et des soins de longue durée, a été réalisé en deux étapes. Il y eut d’abord, l’ouverture de la nouvelle Villa St-Joseph en décembre 2007. La deuxième phase, comprenant des prévisions pour 59 lits de soins continus complexes pour remplacer les services fournis par le pavillon Janet Macdonell, sera terminée à l’ouverture des portes en juillet 2009.
L’orphelinat Nazareth, 1909‑1950
En 1909, deux petites maisons adjacentes au Foyer St-Paul sont achetées et rénovées pour accueillir les enfants démunis. L’année suivante, une grande maison est achetée pouvant accueillir 24 enfants, et en 1919, lorsque madame John McMartin fait don de sa maison sur Second Street, l’orphelinat Nazareth héberge jusqu’à 100 enfants à la fois. Le bâtiment est détruit par un incendie en 1950 et les services sont transférés à la Société d’aide à l’enfance.
Les Religieuses Hospitalières de St-Joseph ont été présentes à Cornwall jusqu’à la fin du mois d’août 2006. C’est alors que sœur Patricia Cuddihy, qui assurait la liaison avec le Centre de soins continus St. Joseph, quitte la ville de Cornwall.
Hôtel-Dieu de St. Catharines, 1945‑2025+
Fondation
L’archevêque James C. McGuigan de Toronto, en Ontario, encourage les Religieuses Hospitalières de St-Joseph de Kingston à accepter une nouvelle mission, c’est-à-dire d’ouvrir le seul hôpital catholique de la péninsule du Niagara dans ce qui deviendra le diocèse de St. Catharines.
À l’automne 1945, les sœurs Mary Immaculate (Sarah Kathleen Kennedy), St. Catherine (Catherine Brennan) et Veronica Callaghan quittent l’Hôtel-Dieu de Kingston pour fonder cette nouvelle communauté. Après avoir surmonté de nombreux obstacles, l’Hôtel-Dieu de St. Catharines ouvre ses portes en 1948 en tant que maternité de 29 lits dans le manoir Woodruff. En 1953, un nouvel Hôtel-Dieu de 125 lits est érigé en face de la maternité. L’hôpital est agrandi en 1962 par l’ajout d’une annexe de cinq étages où les services continuent de se développer.
Entamée au milieu des années 1990, la restructuration des hôpitaux par le gouvernement de l’Ontario entraîne des changements à l’Hôtel-Dieu de St. Catharines. En 2005, l’Hôtel-Dieu modifie son mandat, passant de la prestation de soins aigus à la prestation de soins complexes et de réadaptation. Les Religieuses Hospitalières de St-Joseph quittent l’Hôtel-Dieu et assument la gouvernance et la gestion de l’hôpital Shaver et du Centre de réadaptation de Niagara. Le nouveau Centre de santé et de réadaptation Shaver de l’Hôtel-Dieu offre des soins continus complexes et des services de réadaptation aux patients de St. Catharines et de la région de Niagara, ainsi que des services de réadaptation ambulatoires, y compris l’audiologie et l’orthophonie.
Mission
Témoigner d’un Dieu qui libère et unit, en faisant preuve d’une tendre compassion à l’égard des malades et des personnes souffrantes de l’hôpital et de notre région.
En 2025
Une sœur hospitalière de St-Joseph est présente dans la paroisse et occupe le poste de directrice de la mission et des services pastoraux au Centre de santé et de réadaptation Shaver de l’Hôtel-Dieu.
