Canada

En 1659, les trois premières Hospitalières s’établissent à l’Hôtel-Dieu de Montréal, posant ainsi les bases d’une communauté en Amérique.

Carte géographique. Lieux d’implantation des Religieuses Hospitalières du Nouveau-Brunswick.1986. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

« Arrivées au Nouveau-Brunswick en 1868, les Hospitalières de Saint-Joseph ont été des pionnières et des innovatrices dans les soins hospitaliers et dans l’éducation. Fidèles à l’esprit légué par leur fondateur, Jérôme Le Royer de la Dauversière, elles ont voulu répondre aux appels des pauvres, des malades et des démunis. » (« Mot de la rédaction », dans Revue de la société historique du Madawaska, juin 1986.)

« Œuvres des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph du Nouveau-Brunswick (1868-1986) », par les sœurs Georgette Desjardins et Corinne LaPlante. Revue de la Société historique du Madawaska, vol. XIV, nos 1 et 2, juin 1986.

Fondations au Nouveau-Brunswick par les Hospitalières de Montréal, 1868‑1888

Pour répondre aux besoins pressants en santé et en éducation au Nouveau-Brunswick au 19e siècle, la communauté des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal accepte généreusement quatre fondations entre 1868 et 1888 : Tracadie, Chatham (aujourd’hui Miramichi), Saint-Basile de Madawaska et Campbellton.

Déjà en 1845, les Hospitalières de Montréal avaient ouvert un Hôtel-Dieu à Kingston en Ontario, en réponse à la demande de l’évêque d’envoyer des sœurs hospitalières pour s’occuper des Irlandais catholiques de la ville. Voici qu’en 1868, un nouveau cri de détresse se fait entendre : des malades atteints de la lèpre attendent leur aide et leur secours à Tracadie, un lointain village acadien de l’est du Canada.

Sœur Marie Pagé, première supérieure du Lazaret, vivement touchée par les besoins des gens, sera à l’origine de deux autres fondations au Nouveau-Brunswick où les sœurs feront de l’enseignement et pendront soin des malades : Chatham (aujourd’hui Miramichi) en 1869 et Saint-Basile de Madawaska en 1873. Des sœurs de Montréal répondront aussi à la demande d’envoyer des sœurs à Campbellton en 1888, pour les mêmes raisons.

D’autres fondations sortiront de ces quatre grands établissements dirigés par les Hospitalières de St-Joseph où se côtoient le soin des malades et personnes âgées, ainsi que l’éducation de la jeunesse. En fait, les académies Sainte-Famille de Tracadie, St. Michael’s de Chatham et de l’Hôtel-Dieu de St-Basile ont assuré l’enseignement du primaire au secondaire et ont été une source de recrutement assidu pour la congrégation.

Expansion des œuvres des Hospitalières du Nouveau-Brunswick, 1932 à 2012

L’ouverture d’un Sanatorium pour malades atteints de tuberculose pulmonaire en 1932 à Vallée-Lourdes dans le nord-est de la province est due à la Communauté de Tracadie et constitue la première fondation des Hospitalières de St-Joseph du Nouveau-Brunswick.

La maison Dunn de Vallée-Lourdes, dont les Hospitalières prennent possession en 1931, servira de noviciat commun en 1935 et de Maison mère pendant le généralat acadien de 1946 à 1951.

La communauté du Sanatorium de Vallée-Lourdes fondera à son tour l’Hôtel-Dieu St-Joseph de Bathurst en 1942 et le Foyer St-Camille-de-Lellis en 1943.

Entretemps, au Madawaska, en 1938, l’Hôtel-Dieu St-Joseph de Saint-Basile accepte d’ouvrir un petit hôpital à Van Buren, au Maine, tout près de la frontière américaine. L’Hôtel-Dieu de Saint-Basile est aussi à l’origine de deux établissements de santé d’envergure au Madawaska : le Sanatorium St-Joseph à Saint-Basile et l’Hôtel-Dieu St-Joseph d’Edmundston, qui ouvrent tous deux leurs portes en novembre 1946.

Les sœurs du Nouveau-Brunswick vont aussi franchir les frontières du Québec, pour fonder un Hôtel-Dieu à Sorel. Suite aux refus des Hospitalières de Montréal et de celles d’Arthabaska, Ludger Simard, riche industriel de Sorel, s’adresse aux Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Campbellton. L’Hôtel-Dieu St-Joseph de Sorel ouvre officiellement ses portes en juin 1948.

L’année 1948 marque aussi le début des missions des Hospitalières de St-Joseph du Nouveau-Brunswick au Pérou: léproserie de San Pablo, Amazonie en 1948; Hogar de la Madre, Lima en 1951; Indiana, Amazonie en 1955; Hôpital de Huaraz en 1959; Hôpital del Empleado à Lima en 1961; Siete de Octubre, à Valdiviezo, Lima en 1973; Punchana, Iquitos en 1977; Santa Anita à Lima, en 1988; et San Carlos à Lima, en 1999.

Plusieurs petits hôpitaux seront ouverts au Nouveau-Brunswick au milieu du 20e siècle. Ce sont : l’Hôtel-Dieu St-Joseph de Saint-Quentin, en 1947; l’Hôtel-Dieu St-Joseph de Perth-Andover, en 1947; le Pavillon LaDauversière de Bathurst en 1948; l’Hôtel-Dieu St-Joseph de Lamèque en 1949.

Pour les besoins de la province de Notre-Dame-de-l’Assomption (NDA), on fit construire la Maison provinciale NDA, à Bathurst, en 1953, et le Scholasticat Marie-de-la-Ferre et Collège Maillet à Saint-Basile pour la formation des jeunes sœurs en 1963.

Les Hospitalières du Nouveau-Brunswick acceptèrent de desservir un foyer de soins à Yarmouth en Nouvelle-Écosse. Le Foyer St-Joseph qui ouvre en 1958, prendra le nom de Villa St-Joseph-du-Lac lors du déménagement dans un ancien hôtel d’été du chemin de fer CPR à Dayton, près de Yarmouth.

Des hôpitaux pour petites localités seront ensuite construits : l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Caraquet en 1963; et l’Hôpital Général de Grand-Sault, en 1964. Les sanatoriums de Saint-Basile et de Bathurst seront transformés en foyers de soin : le Foyer Notre-Dame-de-Lourdes, de Bathurst, en 1974; et le Foyer St-Joseph de Saint-Basile, en 1976.

Quelques communautés à vocation sociale et caritative seront inaugurées dans les années 1970 : la Maison de Brantville, en 1974; l’accueil de la Maison du 2080, Vallée-Lourdes en 1978; CentrAide Le Royer à Saint-Basile, 1978; et l’Accueil Ste-Famille à Tracadie, en 1979.

Les Sœurs du Nouveau-Brunswick ouvrent aussi des maisons au Mexique : Maison St-Joseph, à Mexico en 1992; Communauté Ste-Famille à Chalco, 1993; Hogar San José, Huitzilzingo, Chalco, 1999; et Tenejapa, au Chiapas en 2012.

L’ensemble des fondations relevant des Religieuses Hospitalières du Nouveau-Brunswick se répartissent en quelques catégories selon les œuvres et les besoins au cours de 150 ans (1868-2019). Pour les soins de santé : 11 grands et petits établissements portant le nom d’Hôtel-Dieu, 4 hôpitaux généraux, 6 foyers de soin pour aînés et handicapés, 2 lazarets pour lépreux, 2 sanatoriums pour tuberculeux, 1 maternité et 2 pouponnières, 2 dispensaires dans la brousse. Pour des besoins sociaux : 1 préventorium, 3 maisons d’accueil et 4 résidences en milieu défavorisé. Pour l’éducation : 4 maternelles, 2 écoles, 5 pensionnats, 3 académies, 1 collège classique, 5 écoles d’infirmières et 3 écoles d’auxiliaires infirmières. Pour grands établissements : 5 fermes agricoles et laitières et dépendances, poulaillers, bassecours, jardins, vergers etc. Pour la congrégation : 1 maison provinciale, 2 maisons régionales et 4 maisons de formation.

En 2024, il ne reste plus d’œuvres gérées par les sœurs ou leur appartenant, car pour en assurer la continuité, certaines institutions ont été confiées à leur successeur, Santé Catholique Internationale, dont le siège social est à Miramichi, au Nouveau-Brunswick.

Le Lazaret de Tracadie a été le premier d’une série d’établissements hospitaliers et éducatifs fondés par les Religieuses Hospitalières de St-Joseph au Nouveau-Brunswick. En plus de soigner les lépreux au lazaret, les sœurs hospitalières ouvrent un orphelinat et fondent l’Académie Sainte-Famille pour l’enseignement à tous les niveaux et un hôpital général, qui sera le premier Hôtel­-Dieu du Nouveau-Brunswick. Les sœurs ouvriront plus tard des écoles de formation d’infirmières et d’auxiliaires, ainsi qu’un accueil pour femmes victimes de violence.

Lazaret en bois agrandi : de gauche à droite, maison des visiteurs, maison des sœurs, chapelle, lazaret avec salle des hommes au 1er étage et des femmes au 2e. Maison de l'ancienne chapelle à l'arrière : pharmacie, cuisine, buanderie, avec orphelinat au 2e étage en 1888. Vers 1895. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Le Lazaret de Tracadie, 1868‑1965

La lèpre fit son apparition au début du 19e siècle au nord-est du Nouveau­-Brunswick. En 1844, le Bureau de Santé de la province ordonne la séquestration d’une trentaine de lépreux et lépreuses dans l’île Sheldrake sur la rivière Miramichi. Ils y vivent misérablement et certains s’enfuient. Le Père Lafrance, curé de Tracadie, convainc alors les membres du Bureau de Santé du comté de Gloucester de ramener les lépreux sur la terre ferme et il offre un terrain près de son presbytère. En 1849, un lazaret en bois entouré d’une haute clôture est construit à Tracadie. Le Dr Labillois se montre très dévoué auprès des lépreux, mais son successeur les néglige. Le désordre s’installe au lazaret où malpropreté et misère règnent.

Lazaretto, édifice en pierre des champs ouvert en 1896. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Le père Ferdinand Gauvreau, devenu curé de Tracadie en 1852, fait des démarches auprès des autorités civiles et religieuses afin d’améliorer la situation. En 1860, Mgr Rogers, évêque de Chatham, autorise la venue d’une communauté religieuse. C’est surtout grâce aux démarches de Mgr Paquet que les Religieuses Hospitalières de Montréal acceptent d’envoyer des sœurs à Tracadie. C’est ainsi que mère Marie Pagé, supérieure, et ses compagnes formées pour prendre en charge le soin des malades, la pharmacie, la cuisine et les tâches domestiques, arrivent au lazaret le 29 septembre 1868. Une rallonge au lazaret a été construite et meublée pour les recevoir, et le gouvernement provincial leur accorde une subvention pour soigner les lépreux.

Sous la gouverne des Hospitalières, le Lazaret de Tracadie se transforme peu à peu en un petit hôpital bien ordonné, favorisant le bien-être des lépreux. En 1880, le gouvernement fédéral du Canada, par le biais des ministères de l’Agriculture et de la Santé publique, prend l’entière responsabilité du Lazaret et en confie l’administration aux religieuses. Dès 1881, la pharmacie et le dispensaire sont installés dans une annexe à l’arrière du lazaret. Sœur St-Jean-de-Goto, qui est pharmacienne, collabore avec le Dr J.-C. Taché du ministère de l’Agriculture dans la recherche d’un médicament susceptible de guérir la lèpre. À l’époque le traitement reposait sur l’huile de chaulmoogra.

Comme le lazaret en bois ne répond plus aux besoins, le gouvernement fédéral approuve la construction d’un nouvel édifice en pierre des champs qui ouvrira ses portes en 1896. Le nom de Lazaretto est inscrit sur la façade au-dessus de l’entrée principale. L’aile de droite est réservée aux lépreux, alors que l’aile de gauche sert de monastère pour les religieuses dont le nombre augmente. Un nouvel édifice construit à l’arrière du monastère en 1898 servira d’hôpital général et d’orphelinat.

Après avoir servi plus de 45 ans comme lazaret, monastère et hôpital général, ces deux édifices passent au feu en 1943. Les lépreux seront soignés dans l’ancienne maison du Dr Ryan et, comme ils ne sont plus très nombreux, ils seront ensuite installés dans une aile moins spacieuse en arrière du nouvel Hôtel-Dieu. Le gouvernement fédéral accorde des fonds substantiels. Avec l’apparition de sulfones au début des années 1950, la lèpre peut être guérie. Des débuts en 1868 à la fermeture du Lazaret en 1965, les Hospitalières de St-Joseph de Tracadie ont soigné 326 lépreux, dont une quarantaine de nationalité étrangère. Quelques sœurs qui y ont travaillé sont encore vivantes en 2024.

Hôtel-Dieu de Tracadie : vue des jardins en premier plan, hôpital (à gauche) et cloître (à droite). Édifice en pierre des champs construit en 1898 à l'arrière du Lazaretto pour servir d'hôpital général et d'orphelinat. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Hôtel-Dieu de St-Joseph, Tracadie, 1898‑1988

Dès leur arrivée à Tracadie, les Hospitalières se préoccupent du sort des orphelins et des malades qui sollicitent leur aide. La pharmacienne sœur St­ Jean-de-Goto (née Amanda Viger) ouvre un petit dispensaire pour les gens des environs. Faute d’espace dans la maison, aucun malade ne sera hospitalisé. Devenue supérieure en 1875, sœur St-Jean-de-Goto fait «tirer cinquante cordes de pierre de la carrière» en vue de la construction d’un hôpital général et d’un orphelinat. Comme les sœurs n’ont pas les fonds nécessaires et que l’évêque leur interdit d’emprunter, elles devront attendre une vingtaine d’années pour que ces pierres soient utilisées.

Le projet se réalisera en 1898 grâce à de généreux donateurs. Avec l’appui du Père Théberge, ancien curé de Néguac, et du Père Babineau, curé de Tracadie, les Hospitalières font construire un édifice en pierre des champs sur le terrain du gouvernement fédéral à l’arrière du nouveau Lazaretto ouvert en 1896. Le jour de l’ouverture officielle de l’Hôpital général, six malades sont admis. C’est le début de l’Hôtel-Dieu de St-Joseph, deuxième volet des soins des malades à Tracadie. Son administration est séparée de celle du Lazaret, et le gouvernement du Nouveau-Brunswick accorde de petites subventions. L’exploitation de la ferme de l’Hôtel-Dieu assure l’alimentation et des revenus pour l’institution.

En 1922, la nouvelle supérieure sœur LaDauversière (née Isabelle Sormany) fait réaménager l’hôpital, y compris l’installation d’une salle de chirurgie. Quelques sœurs s’inscrivent au cours d’infirmières à l’Hôtel-Dieu de Campbellton tandis que d’autres iront suivre le cours de pharmacie chez les Hospitalières de Chatham. Le Dr J. E. Paulin devient le premier médecin résident de l’Hôtel-Dieu en 1920 et le bureau médical établi en 1925 concourt au progrès de l’Hôtel-Dieu. En 1934, le docteur Aldoria Robichaud prend en charge les services médicaux à l’Hôtel-Dieu.

Hôtel-Dieu St-Joseph de Tracadie, 1946-1988. Démoli par la suite. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Malheureusement, en janvier 1943, un incendie détruit tout : l’hôpital, le lazaret et le monastère. Les malades et les religieuses trouvent refuge à l’Académie Sainte-Famille tout près. Comme on est en temps de guerre, un permis spécial est accordé pour la reconstruction de l’hôpital. L’émission d’obligations pour 35,000,00 $ est approuvée par les autorités religieuses. Le nouvel Hôtel-Dieu comprendra un hôpital de 100 lits, une chapelle et un monastère pour les religieuses. Le gouvernement fédéral accorde 30,000,00 $ pour l’aile des lépreux. La bénédiction et l’ouverture officielle de l’Hôtel-Dieu ont lieu le 24 juillet 1946.

Depuis les débuts de l’Hôtel-Dieu en 1898, les Religieuses Hospitalières en assurent l’administration et la direction de tous les services. Les sœurs ne reçoivent pas de rémunération, mais à partir de 1948, suivant le conseil du consultant M. Dick, des salaires sont inscrits aux livres sous les comptes recevables. Ainsi le per diem qui était très bas sera normalisé.

Les grands changements dans le système de santé du Nouveau-Brunswick qui s’effectuent au milieu du 20e siècle entraîneront des répercussions sur tous les hôpitaux des Hospitalières de St-Joseph. À partir du 1er juillet 1959, le nouveau plan d’Assurance Hospitalisation de la province est en vigueur. C’est un bienfait pour la population et les hôpitaux. Vers 1970, l’assurance-santé couvrira aussi les frais du médecin.

Dès 1968, l’Hôtel-Dieu de Tracadie possède des Statuts et Règlements (by-laws) et un Conseil d’administration qui relève du Bureau des gouverneurs des Religieuses Hospitalières de St-Joseph à Vallée-Lourdes. En 1976, un premier directeur général laïc est nommé. En 1988, un hôpital régional moderne est construit à Tracadie pour remplacer l’édifice de 1946 qui sera démoli.

Externat St-Joseph, 1873‑1885, et Orphelinat, 1889‑1902

Les Hospitalières de Montréal qui arrivent à Tracadie en 1868 pour soigner les lépreux vont aussi répondre aux besoins en éducation. En effet, à la demande de monseigneur James Rogers, évêque de Chatham, dès le 9 décembre 1873, elles ouvrent l’Externat St-Joseph qui reçoit une cinquantaine d’enfants catholiques. L’école fermera ses portes en 1885, à cause de l’opposition de quelques protestants. Cependant, les sœurs ne renoncent pas pour cela à l’enseignement, dès 1888, elles accueillent des orphelins et des orphelines au deuxième étage de l’ancienne chapelle qui sert de pharmacie, de cuisine et de buanderie.

Quand un grand édifice en pierre des champs est construit à l’arrière du Lazaretto en 1898, une trentaine d’orphelins et d’orphelines y sont transférés et occupent surtout le dernier étage, alors que l’Hôpital général est installé dans le même édifice. Chose intéressante et pratique courante à l’époque, des ponts au rez-de-chaussée et au dernier étage relient l’hôpital et l’orphelinat au monastère. Plus tard, les orphelins seront intégrés aux classes de l’Académie Sainte-Famille qui ouvre en 1912.

Académie Sainte-Famille vers 1950. À droite, un pont couvert conduisant à l'Hôtel-Dieu. En arrière, bâtiments de la ferme. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Académie Sainte-Famille, 1912‑1967

Vers 1903, Mgr Thomas Barry, nouvel évêque de Chatham, exprime le désir que les sœurs ouvrent une école catholique à Tracadie. Les plans de la future Académie sont dressés par un monsieur Dugas. Les sœurs reçoivent des dons et une école de quatre étages en forme de croix, construite au coût de 50,000 $, est bientôt terminée. En septembre 1912, l’Académie Sainte-Famille accueille 200 élèves pensionnaires et externes. Les petits garçons sont admis au cours élémentaire entre six et douze ans, alors que les filles peuvent faire des études jusqu’à la fin du secondaire. C’est une école privée mais on y enseigne toutes les matières scolaires au programme dans les écoles du Nouveau-Brunswick.

La première directrice est sœur LaDauversière (Sormany), suivie de sœur Savoie (Georgina Robichaud). Les élèves inscrits au cours académique passent les examens de la province du Nouveau-Brunswick à la fin de leurs études secondaires. Sœur Imelda Cyr enseigne le cours commercial aux élèves qui ont terminé la 9e année. Comme complément à leur formation intellectuelle, les élèves ont la possibilité de suivre des cours d’arts ménagers, de dessin et de peinture. Sœur Fauteux enseigne le chant et la musique. Les premières finissantes à terminer la onzième année du cours académique en 1927 sont Gertrude LeGresley et Marie-Esther Robichaud.

Le nombre d’élèves en 1936 est de 71 pensionnaires et 135 externes. À cause de l’incendie de l’Hôtel-Dieu en 1943, certains locaux de l’Académie seront mis à la disposition des malades et des sœurs. En 1946, l’Académie Sainte-Famille reprend un train de vie normal, mais c’est la fin du pensionnat des garçons, du cours d’arts ménagers et du cours commercial. De plus, à partir de 1947, les sœurs enseignantes ou celles qui sont au service des élèves demeurent à l’Académie et forment une communauté autonome. La supérieure sœur St-Alexandre (Mary Branch) sera titulaire de la classe des finissantes pendant une quarantaine d’années. Pour répondre au grand nombre de filles pensionnaires, on fait construire en 1958 une nouvelle aile à un étage comprenant un grand gymnase et quatre dortoirs de 40 élèves chacun.

L’ouverture des polyvalentes au Nouveau-Brunswick marquera la fin du cours secondaire en 1967. Au cours de ses 65 années comme école privée, l’Académie Sainte-Famille aura accueilli dans ses murs près de 5000 élèves pensionnaires et externes. Par la suite, la commission scolaire continue de louer la plupart des classes élémentaires et intermédiaires jusqu’à l’automne de 1976. L’Académie ferme alors définitivement ses portes comme maison d’enseignement et les Chevaliers de Colomb se portent acquéreurs de l’aile du gymnase et des dortoirs en 1977.

Cependant la conservation de la plus ancienne partie de l’Académie Sainte­-Famille pose alors un problème, car cet édifice patrimonial est en bois. La congrégation nomme d’abord un comité consultatif puis un conseil d’administration pour y implanter des projets durables. L’Association des anciens et amis de l’Académie Sainte-Famille obtient des lettres patentes en 1979 et assume comme mission d’assurer la sauvegarde de l’édifice.

Résidence Jeanne-Mance : École des infirmières de l’Hôtel-Dieu de Tracadie, 1930‑1963

En 1930, l’Association des Infirmières du Nouveau-Brunswick accorde une autorisation à l’Hôtel-Dieu de Tracadie d’ouvrir une école d’infirmières pour les religieuses. L’école est affiliée à l’Université du Sacré-Cœur de Bathurst et offre un programme de formation théorique et pratique étalé sur trois ans. Sœur Carroll de Campbellton vient former les sœurs infirmières et des médecins donnent des cours. À partir de 1947, des jeunes filles sont admises à l’École des infirmières.

En 1956, la Résidence Jeanne-Mance est prête pour accueillir les étudiantes de l’École des infirmières de l’Hôtel-Dieu de Tracadie. Plusieurs sœurs hospitalières se succèdent à la direction de l’École et trois sœurs hospitalières d’expérience donnent des cours. Sœur Victoria Branch laissera sa marque en chirurgie. Entre 1947 et 1963, 74 infirmières reçoivent leurs diplômes à Tracadie, réussissent les examens et reçoivent le diplôme d’infirmière immatriculée de l’Association des infirmières du Nouveau-Brunswick. En 1963, le cours de trois ans de formation infirmière est aboli au profit du baccalauréat en science infirmière offert à l’Université de Moncton. L’École des infirmières de Tracadie ferme alors ses portes.

Vue de l'arrière de l'Accueil Sainte-Famille (1er étage de l'aile de gauche) et de la communauté St-Joseph (aile de droite) avec kiosque de l'Accueil et jardin des sœurs, 1979. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

École des auxiliaires en soins infirmiers 1951‑1973

Sœur Dorina Frigault, qui était experte en techniques des soins infirmiers, met sur pied l’École d’auxiliaires à l’Hôtel-Dieu de Tracadie en 1951. Cette École partage les locaux de la Résidence Jeanne-Mance avec l’École des infirmières. La formation des auxiliaires, qui est d’une durée de 12 mois, s’appuie sur le respect des malades. Entre 1954 et 1963, l’École des auxiliaires est gérée par la directrice de l’École des infirmières de l’Hôtel-Dieu. Sœur Dorina Frigault prend ensuite la relève à la direction de l’École des auxiliaires. Des représentants de l’Association des infirmières du Nouveau-Brunswick viennent régulièrement évaluer la qualité de la formation et le rendement des auxiliaires. À sa fermeture en 1973, l’École aura décerné des diplômes à 348 étudiants et étudiantes.

Entrée de la Communauté St-Joseph (porte de gauche) et de l'Accueil Sainte­Famille (porte de droite). Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Accueil Sainte-Famille de Tracadie, 1974‑2002

En mars 1974, les dix sœurs hospitalières qui habitent à la Résidence Jeanne-Mance s’intéressent aux besoins sociaux et spirituels. Graduellement, la résidence devient un centre de ressourcement et foyer d’hébergement. Au début, on y reçoit des femmes avec problèmes d’alcool, puis en collaboration avec les ministères des Services sociaux et de la Santé, l’Accueil Sainte-Famille est inauguré le 1er septembre 1979 comme maison de transition pour des femmes victimes de violence conjugale avec leurs enfants.

À ses débuts, l’Accueil relève du Bureau des gouverneurs des Hospitalières de St-Joseph et est subventionné par le gouvernement du Nouveau-Brunswick. Une équipe formée de trois religieuses et de quelques collaborateurs dirige l’œuvre avec beaucoup de professionnalisme et de dévouement. Un Conseil d’administration comprenant quelques laïcs est formé en octobre 1987. Deux ans plus tard, la collaboration du ministère de la Santé et des Services communautaires leur est acquise.

En 1992, le Réseau de Santé des Hospitalières de St-Joseph élabore la Philosophie et la Mission de l’Accueil et signe des ententes avec le ministère de Services sociaux du Nouveau-Brunswick. L’Accueil Sainte-Famille Inc. reçoit ses lettres patentes et est incorporé en juin 1998. À la suite du transfert du Bureau des gouverneurs des Hospitalières de Bathurst à Montréal et la création d’une « personne juridique publique de droit pontifical » en 1999, la pleine responsabilité de l’Accueil Sainte-Famille est confiée au Partenariat Catholique de la Santé Inc. et fait partie de Santé Catholique Internationale dont le siège social est à Miramichi, au Nouveau-Brunswick.

Communautés des Hospitalières de Tracadie, 1868‑2025

À partir des débuts à Tracadie en 1868, les religieuses formaient une seule communauté sous l’autorité d’une supérieure et d’un conseil local. Elles ont habité au lazaret en bois jusqu’en 1896, puis dans l’aile du monastère dans le grand Lazaretto en pierre. L’incendie de 1943 oblige les sœurs et les malades à déménager à l’Académie Sainte-Famille. À l’ouverture du nouvel Hôtel-Dieu en 1947, il est décidé de former deux groupes communautaires distincts. Les sœurs enseignantes et celles qui s’occupent des élèves demeureront à l’Académie, alors que les sœurs en service chez les malades s’installeront dans le nouvel Hôtel-Dieu St-Joseph.

À la fermeture du pensionnat des filles en 1967, les sœurs continuent d’habiter à l’Académie, qui sert d’école primaire et intermédiaire jusqu’en 1976. Puis, les sœurs achètent une maison sur la rue de l’Anse, tout près et la nomment Maison Le Royer. La communauté y emménage en février 1978. En septembre 1979, c’est au tour des sœurs de la communauté St-Joseph de quitter leurs locaux à l’Hôtel-Dieu et de s’installer dans l’ancienne Résidence Jeanne-Mance qui est vacante depuis la fermeture de l’École des auxiliaires en 1973. Puis avec le temps le nombre de sœurs ayant diminué, la Maison Le Royer devra fermer ses portes en 2002. Les sœurs se joignent à la communauté St­-Joseph, qui partage une partie de l’ancienne Résidence Jeanne-Mance avec l’Accueil Sainte-Famille installé au premier étage du côté de la rue Principale. Le reste de l’édifice sert à la communauté St-Joseph, dernier groupe communautaire des sœurs de Tracadie. Les sœurs quitteront définitivement Tracadie le 29 septembre 2025, anniversaire  de l’arrivée des fondatrices en 1868. Elles iront rejoindre la communauté Notre-Dame-de-l’Assomption à la Résidence Le Royal de Bathurst.

Paroisse Sainte-Rose

À la demande du père Edmond Richard, curé de Pont-­Landry et de Sainte-Rose, les Hospitalières de St-Joseph acceptent d’envoyer des religieuses prendre en charge temporairement les affaires de la paroisse de Sainte-Rose, où il n’y a plus de prêtre résidant. Trois sœurs rattachées à la communauté de Tracadie arrivent au presbytère de Sainte-Rose le 15 aout 1999. Leur objectif principal est de préparer les laïcs à se prendre en main, c’est pourquoi elles s’investissent surtout dans la consolidation des comités de gestion, de pastorale et de catéchèse. Leur mission accomplie, elles quittent Sainte-Rose définitivement, en 2000.

Miramichi est une nouvelle ville créée en 1995 par la fusion des anciennes villes de Chatham et Newcastle. En 1868, Mgr Rogers, évêque de Chatham, approuve la venue des Religieuses Hospitalières de St-Joseph de Montréal au lazaret de Tracadie, à condition d’envoyer aussi des sœurs dans sa ville épiscopale. Leur arrivée à Chatham en 1869 marque donc le début d’importantes œuvres en soins de santé et en éducation. L’Hôtel-Dieu, l’Académie St. Michael’s pour les filles, l’École St. Joseph pour petits garçons et le Mount St. Joseph vont laisser leur marque et leurs valeurs dans la région de la Miramichi. Autonomes depuis le début, les sœurs de Chatham s’uniront au généralat des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph de Kingston en 1949, qui s’intégrera au généralat d’Amérique sous le nom de province St-Joseph en 1953.

Ancienne résidence de l’évêque cédée aux sœurs en 1869. Musée historique, depuis 1969. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Hôtel-Dieu de Chatham, à Miramichi, 1869‑1992

Les Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal acceptent en 1869 d’envoyer des sœurs à Chatham, petit établissement du Nouveau-Brunswick, où les habitants sont pour la plupart d’origine irlandaise. Les sœurs acceptent une double mission : soigner les malades et s’occuper de l’éducation des enfants. Ce sont les sœurs Louise Virginie Davignon, supérieure, Beauchamp (dite St-Louis), Helen McGurty et Vitaline Leveillé. Lorsqu’elles accostent enfin au port de Chatham après un voyage de trois jours à bord du bateau Le Secret, elles sont bien accueillies

Monseigneur Rogers leur signe un décret d’établissement à Chatham, et le 25 juillet 1869, elles prennent possession de l’ancienne résidence de l’évêque, une petite maison mesurant 36 x 25 pieds, que les historiens appellent le « premier » Hôtel-Dieu de Chatham. Un petit orphelin y est aussitôt admis et un malade est hospitalisé. En fait, cette maison existe toujours près de la basilique St. Michael’s. Rénovée en 1962, elle abrite un Musée historique et un Centre de généalogie.

Troisième Hôtel-Dieu de Chatham : vue du couvent et du cimetière des sœurs, années 1960. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Deuxième et troisième Hôtels-Dieu de Chatham, 1870‑1963

En 1870, les sœurs, les élèves et les malades vont habiter un plus grand édifice annexé à une église. Ce « deuxième » Hôtel-Dieu sera détruit par un incendie en 1878. Heureusement, les sœurs et leurs œuvres ont quitté cette maison en 1876 et ont été relocalisés dans un « troisième » Hôtel-Dieu en bois qui sera utilisé jusqu’en 1963. Cet édifice assez vaste en forme de ‘T’, comprend une chapelle et des ailes distinctes pour l’hôpital, l’école et le pensionnat, ainsi que le monastère ou couvent pour les sœurs qui sont cloîtrées. En fait, le troisième Hôtel-Dieu est une unité autonome avec aménagements au sous-sol pour la cuisine et la buanderie, ainsi que de grands espaces à l’arrière pour les jardins, les vergers et le cimetière de sœurs.

Une partie de ce troisième Hôtel-Dieu servira d’hôpital jusqu’en 1913 et de résidence pour les infirmières de 1917 à 1937. Avec le temps, cet édifice qui ne sera pas démoli avant 1963 répondra à une variété d’autres besoins : logement pour les employés, les pensionnaires de l’Académie, les auxiliaires en soins infirmiers, ainsi que des personnes âgées. La communauté des sœurs enseignantes y habitera jusqu’en 1963.

Façade de l’Hôtel-Dieu de Chatham construit en 1913 sur l’avenue Lobban. À gauche, résidence des infirmières. À droite, nouvelle aile datant de 1958. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Quatrième Hôtel-Dieu : Soin des malades et École d’infirmières, 1913‑1992

En 1913, le « quatrième » Hôtel-Dieu, un hôpital d’une capacité de 70 lits, ouvre ses portes sur l’avenue Lobban. Les sœurs ont la responsabilité de l’administration, mais pour les aider, un conseil consultatif formé de gens du milieu est mis sur pied en 1949. La construction d’une rallonge qu’on nommera Lourdes débute en mai 1956, et l’ouverture a lieu en 1958. L’édifice principal fut aussi rénové, ce qui donnera une capacité de 127 lits. Grâce à l’aide d’un Conseil de directeurs et du Réseau de Santé des RHSJ d’Amherstview en Ontario, l’Hôtel-Dieu sera au service de la population jusqu’à sa fermeture en 1992. En effet, l’Hôpital régional de Miramichi mis sur pied par le gouvernement du Nouveau-Brunswick est le résultat de la fusion de l’Hôtel-Dieu de Chatham et de l’Hôpital régional de Newcastle. Ainsi prend fin la présence des sœurs hospitalières dans le milieu hospitalier à Miramichi. Cependant, elles continueront à prendre en charge le soin des personnes âgées.

L’École des infirmières de Chatham débute en 1917, et les infirmières habitent à l’Hôtel-Dieu jusqu’en 1937. En février 1938, la construction de la Résidence des étudiantes infirmières est terminée. Elle servira aux étudiantes infirmières jusqu’à la dernière distribution des diplômes de l’École en 1973. Cette résidence sera démolie en 1974 afin de donner plus d’espace pour le nouveau Mont St-Joseph. L’Hôtel-Dieu de Chatham eut aussi une École pour auxiliaires en soins infirmiers. Fondée en 1948, elle sera en fonction jusqu’en 1964.

Académie St. Michael’s, pensionnat et école de 1902 à 1949. Foyer de soins Mont St-Joseph, de 1950 à 1975. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Académie St. Michael’s, 1871‑1969

L’éducation des enfants de Chatham fait partie de la mission que l’évêque confie aux Hospitalières venues de Montréal en 1869. Mgr Rogers demande aux sœurs d’ouvrir un pensionnat pour filles et un orphelinat. Le deuxième Hôtel-Dieu dans lequel les sœurs déménagent en 1870 est assez vaste pour y organiser des classes. On engage Mlle Ann Quinlan, une institutrice de Chatham qui enseignera dix ans chez les sœurs. Quand l’école commence le 1er octobre 1871, il y 30 élèves externes et deux pensionnaires. L’enseignement se fera en anglais. Ainsi débutent les œuvres d’éducation de Chatham qui seront mises sous la protection de St. Michael’s pour l’Académie et St. Joseph pour l’École des petits garçons.

En 1876, l’école et le couvent des sœurs, tout comme l’hôpital, occupent une partie des locaux du troisième Hôtel-Dieu. Le nombre d’élèves qui fréquentent les classes augmente si rapidement au cours des années 1890, qu’il faut penser à construire. L’Académie St. Michael’s, premier édifice en pierre que font construire les sœurs de Chatham, est achevée en 1902. En plus de l’enseignement à tous les niveaux scolaires, l’Académie servira de pensionnat pour filles jusqu’en 1948. De 80 à 100 élèves pensionnaires y sont accueillies chaque année. En plus du cours académique, on y offre le cours commercial, des cours d’arts ménagers, de musique et de dessin.

Académie St. Michael’s construite en 1931 et dirigée par les sœurs de Chatham. Tous les niveaux scolaires y sont offerts de 1948 à 1970. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

L’Académie St. Michael’s avait une excellente renommée qui était due à la qualité de la formation qui y était offerte aux filles. L’éducation des petits garçons de 6 et 12 ans avait aussi une place importante pour les sœurs de Chatham. De 1913 à 1917, l’École St. Joseph pour petits garçons pensionnaires et externes des classes du primaire était situé dans le troisième Hôtel-Dieu, mais elle doit céder la place au cours commercial qui prend de l’expansion. En 1919, l’École St. Joseph, qui prépare aussi les garçons aux études collégiales, déménage dans la petite maison du premier Hôtel-Dieu. À l’époque, le collège St. Thomas est dirigé par les Pères Basiliens, qui seront à Chatham de 1910 à 1923.

Le besoin d’une grande école se fait sentir et les sœurs font construire une nouvelle Académie St. Michael’s Academy sur la rue University. À partir de 1931, on y offrira les classes de la 1re à la 12e année. En 1969, les élèves des niveaux intermédiaire et secondaire sont transférés à une nouvelle école du district scolaire et les sœurs hospitalières, qui en ont toujours assuré la direction, vendent l’Académie St. Michael’s au gouvernement en 1970.

Mont Saint Joseph, 1950‑2025+

En 1948, les sœurs décident d’utiliser l’ancienne Académie St. Michael’s comme annexe de l’Hôtel-Dieu pour le soin des convalescents et des malades chroniques. Le Mont Saint Joseph est accrédité comme Centre de soins prolongés et compte 79 lits en 1971. Il fait alors partie du Système de Santé des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, qui en sont les propriétaires. En 1975, les résidents du Mont St. Joseph déménagent dans un édifice moderne près de Hôtel-Dieu. Même s’il partage alors certains services, le Mont St. Joseph conserve cependant sa propre identité, possède ses propres Statuts et Règlements ainsi qu’un Conseil des directeurs distinct. De grands travaux de rénovation ont été effectués, jusqu’en 2017. Le Mont St. Joseph est un foyer de soins pour personnes âgées subventionné par le gouvernement du Nouveau-Brunswick et parrainé par Santé Catholique Internationale

Hôtel-Dieu Place, Miramichi, 2006‑2025+

L’Hôtel-Dieu Place de Miramichi est un établissement résidentiel pour personnes âgées qui a été fondé par les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph en 2006. Quelques sœurs hospitalières y ont habité jusqu’en 2009. Le bâtiment comprend treize appartements subventionnés et des locaux loués à Chatham Daycare Inc., qui offre des services de garderie. L’Hôtel-Dieu Place est membre de Santé Catholique Internationale.

Académie de Madawaska, premier Hôtel-Dieu de Saint-Basile, 1874. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Hôtel-Dieu St-Joseph, 1873‑2013

En réponse à la demande de Mgr James Rogers, évêque de Chatham, et grâce à l’appui de mère Pagé, l’une des fondatrices de Tracadie devenue supérieure de la communauté de l’Hôtel-Dieu de Montréal, sept sœurs hospitalières sont nommées à Saint-Basile à l’été 1873. Au début d’octobre mère Louise Davignon, qui a déjà vécu à Chatham, et ses six compagnes arrivent à l’Académie de Madawaska, prendre la relève des Sœurs de la Charité retournées à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick.

Enseignement à l’Académie de Saint-Basile, 1873 à 1915

Dès les débuts, les sœurs prennent en charge une petite orpheline nommée Lizzie Fournier et annoncent la réouverture du pensionnat des filles. En janvier 1874, sept demoiselles Costigan, Hartt et Proulx de Grand-Sault et Edmundston se présentent au pensionnat de l’Académie. Deux ans plus tard, il y aura vingt-cinq filles, y compris des orphelines. Les élèves externes sont admises gratuitement. Quelques maisons construites à proximité de l’Hôtel-Dieu, exprès pour loger des externes serviront plus tard aux employés. En 1885, l’Académie est reconnue comme école publique et commence à recevoir des élèves garçons de six à douze ans. Comme « le soin des pauvres et des démunis » fait partie de la mission des Hospitalières de St-Joseph, elles acceptent tous les orphelins et les orphelines qui se présentent.

Premier hôpital au Madawaska, 1881-1915

Le volet éducation semble bien parti, mais qu’en est-il du soin des malades qui constitue une œuvre primordiale pour les sœurs hospitalières ? Les gens font totalement confiance aux sœurs, et les malades accourent pour consulter la pharmacienne sœur Maillet (Alphonsine Ranger), que l’on surnommera bientôt la « sœur docteur ». Le 5 novembre 1873, un premier malade nommé Jules Cyr, cultivateur de Caribou dans le Maine, qui souffre de phtisie, est hospitalisé onze jours dans la petite salle de musique.

Encouragée par mère Pagé de Montréal, mère Davignon, supérieure à Saint-Basile, tient à ce qu’un hôpital soit immédiatement mis à la disposition des gens de la région. Elle fait la connaissance de Lévite Thériault, un bienfaiteur qui offre le bois nécessaire pour construire une rallonge à l’édifice central de l’Académie. Les travaux débutent en 1877, et un petit hôpital de 14 lits ouvre officiellement ses portes en 1881. Le premier hôpital du Madawaska sera aussi au service de la population du nord du Maine et du sud du Québec. Tous les malades qui se présentent sont admis sans distinction de nationalité, de langue ou de religion.

Couvent en brique fabriquée au Madawaska, 1889 à 1915

Le nombre d’élèves, de religieuses, de malades, d’employés, de rentiers et autres catégories de personnes qui habitent à l’Hôtel-Dieu augmente rapidement. Il y a bientôt un manque d’espace pour loger convenablement tout le monde. Pour l’instant, l’hôpital suffit pour le soin des malades, mais une nouvelle construction s’impose pour accommoder les élèves, avec salles de classes et de récréation, dortoirs et réfectoires. Les sœurs qui sont cloîtrées ont besoin de locaux conformes à leurs règlements religieux.

Orphelinat, pensionnat et couvent : Hôtel-Dieu, Saint-Basile, N.-B., ca1900. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

L’architecte Berlinguet de Québec, qui fera gratuitement les plans d’un nouvel édifice désigné comme « l’orphelinat », suggère aux sœurs d’utiliser de la brique comme matériau de construction, tout simplement parce qu’il y a justement sur la propriété des sœurs près de la rivière St-Jean, la qualité de terre argileuse et de sable idéale pour faire de la brique de qualité. Sœur Maillet, qui est alors supérieure, n’hésite pas : une briqueterie est mise sur pied et la fabrication de la brique commence en 1885. Le grand édifice en brique, haut de quatre étages qui ouvre ses portes le 3 septembre 1889, servira à la fois d’école, d’orphelinat et de pensionnat pour les élèves, ainsi que de « couvent » pour la communauté des sœurs hospitalières.

À l’ouverture, l’Orphelinat accueille vingt et un petits garçons, soixante grandes et petites filles et environ vingt-cinq religieuses qui travaillent à l’Académie et à l’Hôtel-Dieu. Les filles orphelines et pensionnaires occupent le pensionnat Sainte-Catherine, alors que les garçons pensionnaires et orphelins habitent au pensionnat Saint-Louis. Le nombre d’élèves ayant encore augmenté, les sœurs décident en 1902 de faire construire dans la cour arrière un pensionnat pour garçons. Au rez-de-chaussée, des classes sont aménagées pour les garçons et les petites filles, alors qu’à l’étage, se trouvent une salle de spectacle et les locaux des garçons qui communiquent avec le deuxième étage de l’hôpital par un pont aérien.

Monastère des religieuses de l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile, N.-B., 2012. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Construction du monastère, du pensionnat et de la chapelle, 1904‑1915

La période des grandes constructions n’est pas terminée à l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile : la communauté des sœurs hospitalières n’a pas encore de véritable monastère conforme aux exigences de leur règle. Il faudrait aussi un bon pensionnat avec des classes pour les grandes filles et une grande chapelle pour desservir tout le monde : religieuses, élèves garçons et filles, malades, personnes âgées, personnes handicapées, rentiers, pensionnaires et visiteurs, employés et familles, servantes et autres. Des projets de grande envergure s’amorcent. Une deuxième briqueterie mise en chantier vers 1904 fournira toute la brique nécessaire pour la partie centrale de l’Hôtel-Dieu, c’est-à-dire le monastère et le chœur des sœurs, la chapelle et la section pour le pensionnat des filles. Ce dernier est construit en prolongement du premier édifice en brique et mitoyen avec la grande chapelle du côté des séculiers.

En 1915, cinquante-sept sœurs entrent dans leur nouveau cloître, tandis que les filles pensionnaires s’installent dans leur grand pensionnat Sainte-Catherine. L’intérieur de la chapelle n’est pas terminé, mais il le sera en 1931 grâce aux fonds amassés par les anciens et anciennes élèves de l’Académie.

L’Hôtel-Dieu St-Joseph : autarcie ou grande famille ? 1873 à 1960

Au tournant du siècle, l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile est devenu un point d’attraction pour la région et un lieu de guérison, de formation intellectuelle et de ressourcement spirituel, culturel et social. Au Madawaska, comme dans bon nombre d’autres fondations, les Hospitalières de St-Joseph ont consacré beaucoup de temps, d’énergie et de ressources pour mettre sur pied et promouvoir de grandes entreprises en soin de santé et en éducation des filles et des petits garçons.

De plus, l’Hôtel-Dieu bénéficie de personnes compétentes en administration des œuvres : une supérieure, un conseil de trois assistantes et une économe ou trésorière qui s’y connaît en affaires. Des religieuses, secondées par un personnel laïc dévoué, gèrent les multiples services de l’Hôtel-Dieu : une grande cuisine, une boulangerie, une buanderie, une cordonnerie et autres services. Elles cultivent de grands jardins potagers, un verger de pommes et d’autres petits fruits, en plus des arbres décoratifs et des fleurs.

La communauté des religieuses de Saint-Basile est propriétaire d’une grande ferme dont les produits sont une ressource inestimable pour l’Hôtel-Dieu. On peut compter sur l’aide d’un contremaître et d’employés manuels pour l’agriculture et le soin du bétail. Les dépendances sont multiples : une grande grange avec écuries pour chevaux et vaches, une porcherie, une bergerie, un poulailler, une laiterie avec pasteurisation, une boutique de forge, des sheds à bois. Il y a aussi en arrière du couvent, une montagne avec chalets qui sont propices aux excursions des élèves et des religieuses, un lieu de détente et de congé pour tous.

Comme une très grande famille avec à sa tête une supérieure et son conseil, l’Hôtel-Dieu est semblable à une autarcie ou système autosuffisant sur le plan économique. Tenant compte de toutes les œuvres qui y sont regroupées, l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile réussit à subsister de ses propres ressources, à loger, nourrir, et prendre soin de tous ceux qui y habitent et dont le nombre ne fait qu’augmenter avec le temps et peut facilement s’élever jusqu’à près de 300 personnes. Cette situation subsistera jusque vers le milieu du 20e siècle.

Hôtel-Dieu St-Joseph, Saint-Basile, N.-B., 1940. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Essor des œuvres des Hospitalières de Saint-Basile, 1935‑1983

À la suite de l’incendie du vieux couvent de bois en 1935, une nouvelle construction s’impose. L’Académie de l’Hôtel-Dieu, qui ouvre ses portes en 1936, comprend des classes, des dortoirs et des salles pour les élèves, un étage pour des dames retraitées et un étage pour le clergé.

La transformation de la société des années d’après-guerre et surtout des besoins urgents dans le domaine de la santé interpellent les Hospitalières de Saint-Basile. Comme le nombre de sœurs a augmenté, la communauté peut se permettre d’essaimer dans la région. Une première fondation a lieu en 1938 à Van Buren dans le Maine tout près de la frontière américaine, à 50 kilomètres de Saint-Basile. Le petit Hôtel-Dieu d’une trentaine de lits sera de courte durée, car il devra fermer en juillet 1954.

Au début des années 1940, la supérieure et la communauté de l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile prennent en charge deux importantes constructions en soins de santé au Madawaska : le Sanatorium St-Joseph de Saint-Basile et l’Hôtel-Dieu St-Joseph d’Edmundston, qui ouvrent tous deux leurs portes en novembre 1946. Dix-neuf sœurs sont nommées à chaque endroit, y compris une supérieure qui est aussi directrice générale.

Le départ de l’hôpital de Saint-Basile et de son personnel soignant pour Edmundston en 1946, laisse trois étages à peu près vacants. On pourra donc accueillir davantage de personnes âgées ou des personnes handicapées à besoins variés. Cette partie de l’Hôtel-Dieu prend le nom de Foyer St-Joseph et est reconnu par le gouvernement. Lorsque l’ancien Sanatorium St-Joseph de Saint-Basile ferme ses portes en 1972, il est rénové et mis à jour pour accueillir les résidents du Foyer St-Joseph qui y déménagent en 1976.

Dans le domaine de l’éducation, les sœurs de Saint-Basile consacrent beaucoup d’efforts et d’énergie au développement des études secondaires et postsecondaires à l’Académie et au Collège Maillet. Les jeunes religieuses sont regroupées au Scholasticat Marie-de-la-Ferre, nouvel édifice construit dans la cour arrière en 1963. Il abrite aussi le Collège Maillet, qui deviendra rapidement un centre d’activités et d’événements culturels pour la région.

En collaboration avec les Services sociaux, un nouveau projet nommé CentrAide LeRoyer voit le jour à l’Hôtel-Dieu, en 1978. Ce centre d’accueil qui peut héberger jusqu’à quinze femmes et jeunes filles en difficulté devra fermer ses portes en 1982.

Foyer Saint-Joseph, Saint-Basile, N.‑B., 1946‑2015

Depuis l’arrivée des Religieuses Hospitalières au Madawaska en 1873, le soin des rentiers et des aînés a toujours été une œuvre privilégiée. En 1946, avec le transfert de l’hôpital de Saint-Basile au nouvel Hôtel-Dieu d’Edmundston, le Foyer de soins s’agrandit et occupe les trois étages laissés vacants. En 1972, le Sanatorium St-Joseph tout près ferme ses portes, et les Hospitalières décident de convertir cet édifice en Foyer de soins où seront transférés les résidents de l’Hôtel-Dieu.

Foyer St-Joseph, Saint-Basile, N.-B., 1999. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Les Religieuses Hospitalières de St-Joseph qui sont propriétaires font faire des rénovations et la mise aux normes de l’ancien sanatorium. Nommée directrice générale, sœur Claudette Ouellet supervise les travaux. Le transfert des résidents et du personnel au nouveau Foyer St-Joseph a lieu le 26 mars 1976. Il y a place pour 106 résidents qui ont besoin de soins de longue durée.

La direction du Foyer St-Joseph rend compte de sa gestion au Conseil provincial des Hospitalières de St-Joseph ainsi qu’au ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick. Un bureau de direction cèdera la place à un Conseil d’administration laïc mis sur pied en 1984. En 1999, le Conseil d’agrément des services de santé renouvelle l’agrément du Foyer Saint-Joseph, reconnaissant ainsi l’excellence des soins et du personnel. Le Foyer compte alors 126 lits et emploie 150 personnes.

À l’été 1968, un groupe de sœurs employées au Sanatorium et à l’Hôtel-Dieu d’Edmundston habitent les deux maisons côte-à-côte sur la rue Principale à Saint-Basile, en face du couvent. La Résidence Jeanne-Mance, qui regroupera ensuite les sœurs employées au Foyer St-Joseph, fermera ses portes en 2006.

Résidence Jeanne-Mance, Saint-Basile, N.-B., 1986. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Au Foyer Saint-Joseph, la transition à l’administration laïque s’est faite progressivement sur une quinzaine d’années. La première directrice laïque fut nommée en 2002. À partir de novembre 2001, le Foyer Saint-Joseph a fait partie de Santé Catholique Internationale, mais la fermeture met fin à ce partenariat. Le 2 décembre 2015, les résidents du Foyer de Saint-Basile sont transférés aux Résidences Jodin Inc. à Edmundston. L’édifice du Foyer St-Joseph sera vendu en 2019.

Mais ce n’est pas la fin des services aux aînés et aînées à Saint-Basile. Bien au contraire, en 2013, l’ancien Hôtel-Dieu, qui deviendra les Résidences Hôtel-Dieu, est entièrement rénové et l’aile LeRoyer totalement refaite à l’intérieur aux frais des Religieuses Hospitalières pour accueillir une trentaine de résidents qui ont besoin de soins. Des chambres et des appartements ont été aménagés dans l’aile St-Joseph pour environ soixante personnes retraitées autonomes.

Hommage au personnel de la Résidence Hôtel-Dieu. Bannière de Santé catholique internationale, Miramichi, N.-B. ., 2021. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Les Œuvres de l’Hôtel-Dieu Saint-Joseph Inc., 1998‑2024

Avec le temps, une question se pose. À quoi peut servir ce vieil édifice patrimonial dont le magnifique clocher d’argent est visible des kilomètres à la ronde des côtés canadien et américain de la frontière? La congrégation décide de sauvegarder l’édifice et d’en faire une résidence pour personnes à la retraite. La bonne réputation d’accueil inconditionnel de cette institution est établie depuis une centaine d’années. Des chambres et des appartements sont aménagés dans l’ancienne académie dite aile St-Joseph pour héberger une cinquantaine de personnes retraitées autonomes.

La Résidence Hôtel-Dieu, nouveau nom de l’édifice rénové, sera rentable. En 1998, l’œuvre est incorporée sous le nom « Les Œuvres de l’Hôtel-Dieu Saint-Joseph Inc. » Les sœurs cèdent la direction de l’œuvre à une employée laïque qui bénéficie de l’aide d’un conseil d’administration. Une Fondation des œuvres est mise sur pied en 1992 pour recueillir des dons.

La Résidence Hôtel-Dieu peut héberger une centaine de résidents dans ses deux ailes. Entièrement rénovée et reconstruite de l’intérieur aux frais des Religieuses Hospitalières de St-Joseph, en 2011, l’aile LeRoyer du vieil Hôtel-Dieu héberge les aînés en perte d’autonomie, soit 27 résidents qui ont besoin d’assistance, et neuf de type 3b. Le dernier étage de l’aile LeRoyer et la partie centrale au-dessus de la cafétéria sont occupés par une dizaine de sœurs hospitalières autonomes. Leur infirmerie de Saint-Basile a fermé ses portes en 2011 et le monastère des sœurs a été démoli en 2013. Les archives de la congrégation et une salle du patrimoine des Religieuses Hospitalières de Saint-Basile occupent des locaux au rez-de-chaussée de l’Hôtel-Dieu.

Le 19 mars 2013, la responsabilité de l’œuvre a été transférée au Partenariat Catholique de la santé Inc. Le 8 décembre 2013, la Congrégation a transféré la propriété, terrains et immeubles, à l’œuvre de l’Hôtel-Dieu. Le 28 juin 2021, Santé Catholique Internationale dédie une grande bannière verticale au personnel de la Résidence Hôtel-Dieu de Saint-Basile.

En 2023, l’Hôtel-Dieu fête le 150e anniversaire de l’arrivée des sœurs hospitalières à Saint-Basile et la Revue de la société historique du Madawaska publie un numéro spécial. Un fait unique et intéressant retient l’attention : l’une des principales œuvres de l’Hôtel-Dieu, c’est-à-dire le soin des personnes âgées, est toujours active à Saint-Basile et n’a jamais cessé d’exister depuis les origines en 1873.

Saint-Basile, Enseignement secondaire et postsecondaire, 1928‑1972

Académie de l’Hôtel-Dieu, 1928‑1972

L’enseignement aux garçons de 6 à 12 ans et aux filles de tous âges scolaires a longtemps été une partie intégrante des œuvres des sœurs de Saint-Basile. Dès les débuts, l’Académie de l’Hôtel-Dieu avait des classes des niveaux élémentaire et intermédiaire. L’avènement du cours secondaire à l’Académie daterait des années 1920. Avant de s’inscrire à l’École normale de Fredericton, Yvonne Lavoie, reçoit en 1928 son diplôme de 11e année et une médaille attestant qu’elle est la première « graduée » de l’Académie de Saint-Basile.

Académie de l’Hôtel-Dieu / Maillet, Saint-Basile, N.-B., 1967. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Lorsque la plus ancienne partie en bois de l’Hôtel-Dieu passe au feu en 1935, il devient urgent de construire des locaux pour les élèves pensionnaires et externes. Dès 1936, un édifice moderne en briques ouvre ses portes : tout le troisième étage et une partie du deuxième sont réservés aux classes, le quatrième étage sert de dortoirs pour les élèves pensionnaires, filles et garçons, le rez-de-chaussée contient un réfectoire et une grande salle qui sert pour la gymnastique, les concerts, les séances et les pièces de théâtre, sans oublier les récréations des petits. Le premier étage de cet édifice appelé l’Académie est réservé au clergé et à l’administration, alors que le deuxième est l’étage des dames pensionnaires retraitées.

Dans ce grand édifice en béton et terrazzo à l’épreuve du feu, l’Académie fait de rapide progrès. En plus du programme scolaire de la province, on offre des cours d’arts ménagers et d’innombrables activités culturelles et parascolaires (théâtre, chant, dessin, gymnastique rythmique, sports, danse folklorique). L’Académie offre le cours primaire pour garçons et filles, alors que les classes de septième à onzième année sont réservées aux filles pensionnaires et externes.

Après avoir préparé de nombreux petits garçons aux études collégiales, le pensionnat des petits garçons ou « petit collège de Mgr Dugal » ferme en 1947. Entre 1954 et 1963, une première maternelle privée et gratuite accueille une vingtaine d’enfants à l’Hôtel-Dieu. En 1970, une nouvelle maternelle s’organise pour tous les enfants de Saint-Basile avec une religieuse comme enseignante. Entre 50 et 70 enfants de cinq ans y sont admis chaque année. Quand les maternelles sont intégrées dans le système scolaire publique, une prématernelle privée reçoit les enfants de quatre ans jusqu’en 2007.

L’Académie de l’Hôtel-Dieu, qui prend le nom de Maillet en 1960, marche au pas de la sécularisation et de la centralisation. En 1968, un directeur laïc est embauché et deux ans plus tard, les classes du secondaire sont transférées à l’École régionale puis à la polyvalente d’Edmundston. Pendant quelques années, on offre deux classes privées de niveau secondaire au Collège Maillet. Après presque 100 années d’existence, le pensionnat des filles ferme ses portes en 1972. Au cours de son existence, l’Académie aura formé quelques milliers d’élèves et décerné des diplômes à 471 finissantes des cours académique et commercial.

L’Académie Maillet, qui n’offre plus que le niveau élémentaire, prend le nom d’École Maillet et déménage en 1983 dans l’édifice du Collège Maillet, dont la propriété est cédée au district scolaire. Comme les sœurs de St-Basile ne sont pas à court de créativité et de solutions, les classes de l’Académie se transforment en appartements spacieux pour personnes retraitées.

Collège Maillet, 1949‑1972

En 1947, les pères Eudistes ouvrent un collège pour garçons à Edmundston. Sœur Rhéa Larose, directrice des classes de l’Académie de l’Hôtel-Dieu, obtient l’autorisation de l’évêque Mgr Roméo Gagnon et de ses supérieures pour ouvrir un collège classique pour jeunes filles. Le Collège Maillet, qui porte le nom de mère Maillet supérieure et fondatrice de l’Hôtel-Dieu, est affilié au Collège Saint-Louis d’Edmundston. Il débute officiellement en 1949 avec quelques finissantes de l’Académie de l’Hôtel-Dieu. Le programme de cours réparti sur quatre ans sera sensiblement le même que pour les garçons : belles-lettres, rhétorique, philosophie 1 et 2. On y enseigne les langues : latin, français et anglais; la littérature française, anglaise et canadienne; les mathématiques, les sciences, l’histoire, la religion, la philosophie et la dactylographie, ce qui est fort utile à l’époque.

Les collégiennes partagent les classes de l’Académie et y ont leurs laboratoires de science et leurs cours d’arts ménagers (cuisine, couture, tricot, broderie, tissage) qui sont obligatoires. Le dessin et la peinture, le piano et le chant chorale, les arts dramatiques et la danse classique et folklorique, les sports, le journalisme étudiant et l’action catholique (J.E.C.) y sont facultatifs mais hautement valorisés.

Collège Maillet, Saint-Basile, N.-B., 1967. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Sœur Larose obtient aussi l’autorisation du gouvernement du Nouveau-Brunswick d’ouvrir une École normale pour religieuses. Elle fermera en 1968, après avoir décerné des diplômes à près de 80 religieuses de diverses congrégations. Avec l’appui de ses supérieures, sœur Larose met sur pied des programmes d’études complémentaires au Collège Maillet : présciences hospitalières en 1955, secrétariat médical en 1960, et baccalauréat en sciences infirmières en 1962. Le cours de secrétariat juridique suivra.

Le développement des programmes et l’accroissement du nombre d’étudiantes nécessitent bientôt des locaux plus vastes et plus fonctionnels. À l’automne 1963, les collégiennes et leurs professeurs entrent dans un bel édifice construit à l’arrière de l’Hôtel-Dieu. Le grand gymnase qui se transforme en salle de spectacle, favorise non seulement les sports, mais un nombre important d’activités culturelles : chorale des collégiennes et chorale mixte avec le Collège St-Louis, récitals de piano, arts dramatiques et danse folklorique. Le Collège Maillet devient rapidement pour toute la région un centre culturel renommé, où l’on reçoit des troupes et des vedettes internationales.

En 1966, sœur Anne-Marie Savoie accède à la direction du Collège Maillet et bénéficie de l’appui d’un conseil d’administration. Les commissions de l’enseignement supérieur vont bouleverser l’avenir du Collège Maillet, d’abord en lui enlevant le baccalauréat en sciences infirmières. La fusion des collèges Maillet et Saint-Louis d’Edmundston a lieu en juin 1972 et quelques religieuses enseignantes ou en service à Maillet suivront à Edmundston. Les cours de secrétariat médical et juridique continuent d’être offerts au pavillon Maillet jusqu’en 1980. Maillet conserve jusqu’en 1982 sa vocation de centre culturel pour la région du Madawaska.

Au cours de ses 23 années d’existence, le Collège Maillet a offert une formation supérieure aux jeunes filles et a décerné 211 baccalauréats ès arts, 13 baccalauréats en science infirmière, 11 en préscience, 269 en secrétariat médical et 72 en secrétariat juridique.

Résidence Maillet, 1967‑2022

Depuis les débuts à Saint-Basile, les sœurs faisaient toutes partie de la communauté de l’Hôtel-Dieu. Le nombre étant devenu assez important, un nouveau regroupement s’imposait. En 1963, une trentaine de sœurs enseignantes forment un groupe communautaire distinct avec une supérieure et un conseil local. En 1967, la communauté déménage à la « maison blanche » du 399 rue Principale, totalement rénovée pour recevoir les sœurs.

Résidence Maillet, Saint-Basile, N.-B., 2022. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

En fait, la Résidence Maillet a toute une histoire, car la partie d’en-avant date de 1879. Cette petite maison à un étage construite pour loger des rentiers avait un « solage » en pierres des champs. Elle servit aussi de maison de quarantaine pour des malades de l’Hôtel-Dieu. Avec le temps, elle fut agrandie et surélevée pour servir à des familles d’employés de la ferme de l’Hôtel-Dieu, entre autres. Quant à la grande maison à gauche, haute et à deux étages, à l’origine elle était détachée de la première. Elle aurait été construite par Placide Thériault lorsqu’il prit sa retraite à l’Hôtel-Dieu avec son épouse vers 1900. Une famille venue de France pour travailler à la ferme y habita quelques années.

La rallonge entre les deux maisons daterait des années 1940. Cette grande et longue maison servit pendant quelque temps de logement pour les « bonnes » ou filles employées à l’Hôtel-Dieu. La coutume de loger les employés devait cesser dans les années 1960, de sorte que la maison blanche devint disponible pour loger la communauté de l’Académie et du Collège Maillet. Pendant 55 ans, la Résidence Maillet sera à la disposition des sœurs enseignantes jusqu’à la fermeture de la communauté en 2022. Les dernières sœurs enseignantes se joignirent alors à la communauté des sœurs de l’Hôtel-Dieu, au quatrième étage de l’aile LeRoyer. La Résidence Maillet, dont la plus ancienne partie avait 135 ans d’existence, fut aussitôt démolie.

Sanatorium Saint-Joseph, Saint-Basile, N.‑B., 1946‑1972

Le Sanatorium St-Joseph de Saint-Basile a été fondé par la communauté des Religieuses Hospitalières de St-Joseph de l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile. La supérieure, sœur Lucie Morneault, dirige ce grand projet de construction et d’organisation d’un Sanatorium de 140 lits pour soigner les malades souffrant de la tuberculose pulmonaire. Les travaux de construction débutent à l’automne 1944 et l’ouverture officielle du Sanatorium a lieu le 8 juillet 1946.

À l’été 1946, un groupe de neuf sœurs, presque toutes de l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile, sont nommées pour organiser et desservir cette nouvelle œuvre. Toutes les sœurs ont la formation requise pour assumer les diverses responsabilités et services qui leur sont confiés : administration, comptabilité, direction du personnel, salles de malades, laboratoire, pédiatrie, cuisine, buanderie, pharmacie, stérilisation ou autres. La première supérieure sœur Brigitte Légère relève des autorités de sa congrégation, les Religieuses Hospitalières de St-Joseph, qui sont propriétaires du Sanatorium St-Joseph. À titre de directrice générale, elle administre l’institution en collaboration avec l’économe et rend aussi compte de sa gestion au ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick, qui fournit les fonds de fonctionnement du Sanatorium, à raison de 2,75 $ par jour par malade.

Sanatorium St-Joseph, Saint-Basile, 1946. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Les Religieuses Hospitalières assurent la direction et le bon fonctionnement du Sanatorium en collaboration avec le Dr Gérald E. Gauvin, nommé surintendant médical dès le début de la fondation du Sanatorium. Le Dr Andor Retfalvi s’ajoute au personnel médical en 1951 et remplace le Dr Gauvin en 1968. Il y a aussi plusieurs médecins consultants, entre autres : A. H. Sormany, chirurgien; J. H. Cyr, anesthésiste; D. Albert, radiologiste. Les pères Damase Thibodeau et Sylvio Thériault, entre autres, seront aumôniers au sanatorium.

Le département de Pédiatrie s’ouvre en 1949, et quatorze enfants et adolescents presque tous du nord de la province sont admis à Saint-Basile. On leur confère des soins mais aussi de l’enseignement, selon leurs forces. Le Sanatorium offre aussi de l’ergothérapie et un programme de réhabilitation, avec ateliers en menuiserie, tricot, couture et autres activités culturelles et récréatives. Il y a aussi des cliniques pour les gens de l’extérieur tous les lundis. Le Sanatorium St-Joseph fut entièrement reconnu par la Commission conjointe d’agrément des Hôpitaux le 10 août 1954. Entre 1946 et 1959, plus de 2,723 personnes ont été soignées au Sanatorium St-Joseph de Saint-Basile.

Sœurs Hospitalières en service au Sanatorium St-Joseph, Saint-Basile, 1946. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Avec le temps, les progrès de la science médicale et les bons soins, le nombre de malades a beaucoup diminué. En 1960, il ne reste plus qu’une trentaine de tuberculeux. Vers 1967, le ministre de la Santé demande que le Sanatorium serve d’annexe à l’Hôtel-Dieu d’Edmundston et qu’on y admette des personnes âgées la plupart en médecine. La fusion des conseils d’administration a lieu l’année suivante. Un bureau de direction est formé et la fusion avec l’Hôpital d’Edmundston a lieu en 1968. Les religieuses sont logées au dernier étage du Sanatorium jusqu’en 1968. Quelques-unes vont s’installer à la Résidence Jeanne-Mance, en face de l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile.

En 1972, le ministère du Travail fait un rapport sur le mauvais état des installations d’électricité à l’ancien Sanatorium de Saint-Basile. Le 4 mai 1972, le ministre de la Santé en annonce la fermeture, et le 15 mai, les 23 malades sont répartis entre l’Hôtel-Dieu d’Edmundston et les Foyers de soin de Saint-Basile, Baker-Brook et Saint-Léonard.

Les Religieuses Hospitalières nomment un comité pour étudier l’utilisation de l’édifice qui peut encore servir. Au cours des années 1970, il sera rénové et mis aux normes afin d’accueillir les résidents du foyer de soins qui occupe une aile du vieil Hôtel-Dieu de St-Basile tout près. Le déménagement a lieu le 26 mars 1976.

Hôtel-Dieu St-Joseph, premier hôpital au Madawaska, Saint-Basile, N.-B., 1881. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Hôtel-Dieu St-Joseph, Edmundston, N.‑B., 1946‑1972

Le premier hôpital à ouvrir ses portes au Madawaska en 1881 est l’Hôtel-Dieu St-Joseph de Saint-Basile. Lévite Thériault, député à Fredericton, a fourni tout le bois nécessaire à la construction. En réalité, le soin des malades a débuté en 1874 dans l’Académie, et un petit hôpital d’environ 20 lits a desservi la population des côtés du fleuve St-Jean de 1881 à 1915. Les malades ont ensuite été transférés dans l’aile ouest de l’Hôtel-Dieu en brique qui avait servi auparavant aux élèves et aux sœurs.

Entre 1915 et 1946, l’hôpital de Saint-Basile pouvait compter sur d’excellents médecins et des sœurs hospitalières dévouées. Assez tôt, la notoriété de l’Hôtel-Dieu s’était répandue des deux côtés de la frontière canado-américaine.

L’Hôtel-Dieu d’Edmundston a été fondé par les Religieuses Hospitalières de Saint-Basile, qui connaissaient bien les exigences des services hospitaliers et les besoins de la région. La supérieure sœur Lucie Morneault dirige ce projet d’un grand hôpital, qui remplacera le petit hôpital de 50 lits de l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile. Les travaux de construction débutent à l’automne 1944 et l’hôpital ouvre ses portes en novembre 1946.

Hôtel-Dieu St-Joseph de Saint-Basile, aile ouest qui servit d’hôpital de 1915 à 1946. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Dans son article « Le génie de la science moderne au service de la souffrance » publié dans l’album souvenir de l’Hôtel-Dieu, le contremaître Alexandre Angers affirme que si des records ont été établis quant au coût et à la durée des travaux, cela est dû à « la parfaite coopération entre les Religieuses Hospitalières de St-Joseph de Saint-Basile, les architectes et le contracteur général ».

En 1946, dix-neuf sœurs hospitalières se rendent à Edmundston pour organiser un hôpital de 200 lits qui offre à peu près tous les services : chirurgie, médecine, anesthésie, obstétrique, pédiatrie, psychiatrie et autres. Le conseil local de la communauté appuie la supérieure-administratrice qui assume la pleine direction de l’Hôtel-Dieu, non sans de grandes difficultés car, dès les débuts, l’hôpital dont les sœurs sont propriétaires, fait face à de graves problèmes financiers. Beaucoup de malades ne paient pas leurs comptes et les comtés de Madawaska et autres ne donnent presque rien pour les « pauvres ». Le bureau des médecins de l’Hôtel-Dieu collabore avec les Hospitalières et les Dames auxiliaires font des activités pour amasser des fonds.

Au début, le bureau de direction de l’Hôtel-Dieu était formé du conseil local des religieuses et du bureau des médecins. Un conseil consultatif est formé le 15 décembre 1949 comprenant treize membres influents, dont Me Chaiker Abbis, Cyrice Godbout, préfet du comté; Mgr William Conway, Dr E. A. Martin, directeur médical, et Gaspard Boucher, secrétaire-trésorier de la province. Des comités sont mis sur pied pour les finances et autres besoins. Avec un tel conseil, les sœurs hospitalières, qui ont fait leur part, peuvent songer à céder la place à une direction laïque.

Hôtel-Dieu St-Joseph d’Edmundston, N.-B., 1966. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

À partir du 1er juillet 1959, le nouveau plan d’Assurance Hospitalisation pour le Nouveau-Brunswick est en vigueur. Sœur St-George (Alice Allain), économe provinciale des Religieuses Hospitalières de St-Joseph, a fait partie du comité chargé d’étudier au préalable la situation des hôpitaux du Nouveau-Brunswick. Dans les Chroniques de la communauté de l’Hôtel-Dieu, on peut lire: « Tous les patients de la province enregistrés dans ce plan n’ont pas à payer leur compte d’hôpital. » Vers 1970, l’assurance-santé couvrira aussi les frais du médecin.

Le conseil consultatif de l’Hôtel-Dieu est reconnu comme conseil d’administration en 1968. Par la suite, les sœurs cèdent l’administration de l’hôpital, puis la propriété, le 1er janvier 1972. Depuis les débuts, les sœurs ont habité dans une aile de l’hôpital et ont payé leur pension. En 1969, celles qui sont encore à l’Hôtel-Dieu emménagent dans une maison privée sur la rue Laporte. Elles y demeureront jusqu’à la fermeture de la communauté des sœurs hospitalières d’Edmundston, le 20 août 1974.

École des infirmières, 1938‑1968

En 1938, sœur Carroll de Campbellton et sœur St-Charles (Joséphine Morneault) se rencontrent pour mettre sur pied une École d’infirmières pour les sœurs de l’Hôtel-Dieu de Saint-Basile. Des jeunes filles sont admises en 1943 et reçoivent leur diplôme en 1945 à Saint-Basile. À l’automne 1946, l’École est transférée au nouvel Hôtel-Dieu St-Joseph d’Edmundston. L’École offre un programme de formation de trois ans et est d’abord située à l’hôpital jusqu’à son transfert au Centre éducatif d’Edmundston en 1968. Par la suite, elle sera relocalisée dans le pavillon Larouche du campus d’Edmundston de l’Université de Moncton (UMCE). Plus tard, elle deviendra l’École de science infirmière de l’UMCE et offrira le baccalauréat.

Maison Botsford, premier Hôtel-Dieu de Campbellton, en 1888. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Campbellton : Enseignement et soin des malades, 1888‑1918

À la demande du curé de Campbellton, John L. McDonald, et de l’évêque de Chatham, Mgr James Rogers, les Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal acceptent, pour une quatrième fois en vingt ans, d’envoyer des sœurs au Nouveau-Brunswick. Le besoin d’enseignantes bilingues et catholiques est urgent dans une petite ville à prédominance protestante et anglophone. La supérieure de Montréal et son conseil acceptent, tout en y mettant une restriction : « que l’enseignement se fera aussi longtemps qu’une communauté enseignante ne sera pas appelée pour nous remplacer ». Mère Gendron, supérieure, et quatre compagnes arrivent à Campbellton le 21 septembre 1888, déjà prête pour soigner les malades et prendre en charge l’éducation des enfants. Deux sœurs de Chatham viendront prêter main forte pour l’enseignement de l’anglais.

Deuxième Hôtel-Dieu de Campbellton ouvert en 1890 : école, couvent et hôpital. Passe au feu en 1910. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Les sœurs s’installent d’abord dans la maison Botsford au pied de la colline de Notre-Dame-des-Neiges. Un hangar transformé en école provisoire accueille 40 élèves, garçons et filles le 24 octobre 1888. C’est le début d’une école catholique bilingue à Campbellton qui rendra de grands services à la population une trentaine d’années, sous la direction des Sœurs Hospitalières de St-Joseph. Devant l’urgence et la nécessité de répondre à tous les besoins autant éducatifs qu’hospitaliers, le curé McDonald garantit aux sœurs un emprunt de 20 000 $ pour la construction d’un grand édifice au sommet de la colline. En 1890, les sœurs et leurs 90 élèves entrent dans le deuxième Hôtel-Dieu, qui comprend des locaux pour les sœurs, un pensionnat, des classes et cinq chambres pour les malades.

Hôpital temporaire construit en 1910. Incendié en 1918. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Durant les vingt premières années de la fondation de Campbellton, le nombre d’élèves et de malades augmente, au point qu’il devient nécessaire d’ajouter un autre grand édifice qui servirait d’hôpital. Terminé en 1909, le troisième Hôtel-Dieu peut accueillir de 40 à 50 malades et est doté de salles d’opérations et d’autres services auxiliaires. Quelques médecins compétents s’intéressent à l’Hôtel-Dieu, en particulier les docteurs Lunam et Pineault. Mais le bel hôpital fait de blocs de ciment sera de courte durée. Malheureusement, il sera rasé par l’incendie qui ravage la ville de Campbellton en 1910.

Après l’incendie de la ville, l’œuvre de l’enseignement se poursuit dans des locaux de fortune. En 1916, il devient nécessaire d’agrandir les classes et l’école pour accommoder plus de 400 élèves, externes et pensionnaires. En 1918, le feu prend dans la partie de l’école convertie en salles pour soigner les victimes de la grippe espagnole. Tous les bâtiments des sœurs passent au feu sauf une petite maison. C’est la fin de l’enseignement scolaire pour les Hospitalières de Campbellton. Les Filles de Marie-de-l’Assomption, une communauté enseignante fondée par le curé Arthur Melanson prendra la relève en septembre 1922.

Hôtel-Dieu St-Joseph, 1888‑1991

Avec l’abandon de l’enseignement en 1918, le soin des malades devient l’unique priorité des Religieuses Hospitalières. Dès le début, la fondation d’un hôpital rencontre des difficultés majeures et fait face à une longue série d’épreuves : le manque d’espace, deux incendies, le soin des malades sous les tentes, la grippe espagnole; autant de difficultés qui n’ont cependant pas empêché les sœurs de résister et de persévérer jusqu’à l’ouverture en 1920 d’un Hôtel-Dieu qui progressera et laissera sa marque dans la région de Campbellton et d’une partie du Québec au-delà de la frontière provinciale. Les sœurs exploitent aussi une grande ferme laitière à Oak Bay pour subvenir aux besoins de la communauté et de l’Hôtel-Dieu dont elles ont l’entière responsabilité dans les débuts, jusqu’à ce que le gouvernement du Nouveau-Brunswick fasse sa part.

En résumé, le premier grand hôpital est détruit par l’incendie de la ville de Campbellton en 1910. Il s’ensuivra pour quelque temps un hôpital sous les tentes. On construisit ensuite un hôpital temporaire de 30 lits qui brûle à son tour en 1918. Un hôtel près de la gare est alors mis à la disposition des Hospitalières et sert comme hôpital de 40 lits, à partir de décembre 1918. Finalement, un nouvel édifice de quatre étages, solidement construit en briques et résistant au feu, s’élève sur la colline de Notre-Dame-des-Neiges.

Hôtel-Dieu de Campbellton construit en 1920 et agrandi de chaque côté. Ajout du monastère des sœurs à l’arrière en 1939 et de l’annexe au côté gauche en 1958. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

L’Hôtel-Dieu de la rue Arran sera inauguré en 1920 et reconnu deux ans plus tard comme hôpital standard par le Collège des chirurgiens américains. Par la suite, il sera élargi de chaque côté avec l’ajout de rallonges d’une vingtaine de pieds, de sorte que, en 1927, l’Hôtel-Dieu a une capacité de 75 lits. La statue de St-Joseph qui était sur le sommet en 1920 sera placée dans une niche sur la façade. En 1939, les sœurs font construire à l’arrière de l’Hôtel-Dieu une grande aile qui leur servira de monastère. Dernière étape de construction en 1958, l’ajout d’une importante annexe moderne du côté gauche de l’hôpital vaut aussitôt à l’Hôtel-Dieu l’agrément du Conseil canadien des hôpitaux.

À partir des débuts, les Religieuses Hospitalières sont propriétaires et administratrices de l’Hôtel-Dieu et dirigent tous les départements. Il y eut un temps où une quarantaine d’hospitalières étaient en service à l’hôpital. Les médecins secondent les Hospitalières au bureau de direction et contribuent au progrès et à la modernisation de l’hôpital. La formation d’un conseil d’administration laïc apporte du soutien et le partage des responsabilités avec les Hospitalières.

L’administration de l’Hôtel-Dieu sera cédée au ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick en 1973. Les Sœurs Hospitalières de Campbellton habitent une aile de l’Hôtel-Dieu jusqu’en 1975, puis elles déménagent dans une grande maison préfabriquée au bout de la rue Prince William. Elles y seront jusqu’à leur départ définitif en 2004. L’Hôtel-Dieu et l’hôpital Soldiers’ Memorial sont fusionnés en 1991, pour devenir l’Hôpital Régional de Campbellton.

École des infirmières et des auxiliaires, 1916-1975

L’École des infirmières de l’Hôtel-Dieu St-Joseph de Campbellton fut mise sur pied par sœur Campion de Kingston en 1916. Huit religieuses hospitalières sont inscrites et l’année suivante des jeunes filles sont admises. L’enseignement théorique est donné par les médecins et la première cérémonie publique de remise des diplômes a lieu en 1922. La devise de l’École est Pro Deo et Humanitas (Pour Dieu et l’Humanité). L’école sera renommée entre autres, pour l’enseignement des techniques de soin. En effet, sœur Anastasia Harquail dite Carroll, qui sera directrice de l’École des infirmières de 1920 à 1927 est une excellente enseignante. Son livre Technique du soin des malades, qui fut utilisé à l’Hôtel-Dieu de Montréal, lui a mérité une décoration de la Ville de Paris lors du premier Congrès des infirmières catholiques (CCIAMS) en 1933.

En 1934, l’École est affiliée à l’Université Laval de Québec pour un certain temps, mais les étudiantes doivent aussi réussir les examens de l’Association des infirmières immatriculées du Nouveau-Brunswick. En 1939, l’Amicale des anciennes est mise sur pied. La direction de l’École relève des Religieuses Hospitalières qui bénéficient de l’aide d’un comité consultatif. L’École des infirmières ferme dans les années 1960 alors que l’École des auxiliaires se prolonge jusqu’en août 1975. Entre 1922 et 1975, 830 infirmières et 200 auxiliaires ont reçu leurs diplômes.

Hôpital de Dalhousie, 1946-1948

À la demande du père Aurèle Godbout, curé de Dalhousie, les Sœurs Hospitalières de Campbellton acceptent de prendre en charge un hôpital à Dalhousie. Le 18 mai 1946, sœur Albertine Richard et deux sœurs ouvrent un Hôtel-Dieu temporaire de 50 lits. Les plans de construction prévoient un hôpital de 100 lits, mais, en 1947, Rome refuse l’autorisation de construire. La communauté de Campbellton étant dans l’impossibilité de financer le projet, il fut décidé de se retirer et de laisser la place aux Filles de Jésus. Les trois sœurs de Campbellton quittent Dalhousie le 15 août 1948.

Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes, 1931‑1972

Dans les années 1930, le Nouveau-Brunswick est marqué par une pandémie de tuberculose (TB). Il y a bien dans le sud de la province un sanatorium à River Glade et un autre à St. John, mais il n’y a rien pour soigner la tuberculose pulmonaire au nord du Nouveau-Brunswick. Encore une fois, les Religieuses Hospitalières de St-Joseph, qui ont de l’expérience dans le traitement de maladies contagieuses graves comme la lèpre, y pourvoiront, en prenant la direction du Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes de l’Institution Lady Dunn à Bathurst en 1931, et du Sanatorium St-Joseph à Saint-Basile de Madawaska en 1946. Le gouvernement se charge des dépenses de fonctionnement des deux sanatoriums, et vers 1970, il ne restera presque plus de malades atteints de tuberculose pulmonaire.

Maison James Dunn de Vallée-Lourdes, donnée à l’évêque de Bathurst, sert de sanatorium en 1931-1932. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Sanatorium dans la Maison Dunn, 1931‑1932

À la demande de Mgr Patrice-A. Chiasson, évêque de Bathurst, les Religieuses Hospitalières de St-Joseph de Tracadie, qui sont bien au fait de l’existence de la tuberculose pulmonaire dans la région du nord-est du Nouveau-Brunswick, acceptent en 1930 de prendre la direction d’un sanatorium qui sera construit à Vallée-Lourdes, près de Bathurst. En effet, Sir James Dunn, riche industriel né dans la région, fait don à l’évêque de Bathurst de la propriété de la ferme Somerset Vale située dans Bathurst-Ouest. Cette immense propriété de 1000 acres en partie cultivée est idéale pour un Sanatorium et pour une congrégation en pleine croissance au Nouveau-Brunswick.

Le 4 mai 1931, les sœur LaDauversière (Isabelle Sormany), Éva Albert, Marie-de-l’Assomption (Yvonne Turcotte) et Léontine, et toutes de Tracadie, prennent possession de la grande maison d’été de James Dunn à Vallée-Lourdes. Quelques malades dits tuberculeux y seront admis et soignés en attendant l’ouverture du Sanatorium. La cérémonie de la première pelletée de terre a lieu en septembre 1931 et les travaux de construction d’un édifice en brique à trois étages débutent aussitôt en haut de la vallée de l’autre côté de la voie ferrée. D’une capacité de 90 lits et subventionné par le gouvernement du Nouveau-Brunswick, le Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes de l’Institution Lady Dunn ouvre ses portes le 5 août 1932. Les vingt malades de la Maison Dunn y sont transportés, libérant ainsi la maison qui accueillera par la suite des personnes âgées et servira de noviciat commun pour les Sœurs Hospitalières du Nouveau-Brunswick à partir de 1936.

Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes, Vallée-Lourdes, N.-B., pour traitement de la tuberculose TB. 1932. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes de l’Institution Lady Dunn, 1931‑1972

L’évêque de Bathurst cédera éventuellement la propriété du Sanatorium aux Religieuses Hospitalières de St-Joseph qui en ont la pleine responsabilité. Il s’agit d’une institution publique, et la supérieure de la communauté, qui est aussi administratrice, rend compte de sa gestion au ministère de la Santé de la province du Nouveau-Brunswick. Le financement s’effectue avec l’aide du gouvernement et des municipalités des comtés de Gloucester, Restigouche et Northumberland d’où proviennent la plupart des malades.

Pendant toute la durée de son existence, soit entre 1932 et 1972, le Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes a été dirigé par une religieuse. Toutes les sœurs qui travaillent au Sanatorium ont reçu une formation requise pour assumer des responsabilités dans leur champ de compétence : administration, comptabilité, direction du personnel, laboratoire, pédiatrie, cuisine, buanderie, pharmacie, stérilisation et archives.

Le conseil de direction du Sanatorium comprend des religieuses et des médecins qui collaborent avec la direction pour le bien-être des malades. Le premier surintendant médical du Sanatorium, le Dr Gérald E. Gauvin s’y dévoue pendant plus de quinze ans, puis il est muté au Sanatorium St-Joseph de Saint-Basile. La qualité du fonctionnement du Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes est reconnue en 1951 par le Conseil d’agrément des hôpitaux et plus tard par le Collège américain des chirurgiens des États-Unis.

Les services d’un aumônier sont aussi offerts aux malades, qui sont pour la plupart des catholiques francophones, bien que des protestants anglophones et des amérindiens ou tout autre malade y soit admis sans distinction de langue ou de religion. Le premier aumônier est le père Damase Thibodeau. À partir de 1941, on offre aussi des classes pour adultes, de la réhabilitation et des activités récréatives. Après 1946, les enfants malades sont soignés au Sanatorium St-Joseph de Saint-Basile. Dès les débuts, une petite gare du Canadien National est inaugurée à Vallée-Lourdes et, en 1933, un bureau de poste ouvre ses portes dans le Sanatorium. En 1940, la grotte de Lourdes érigée dans la Vallée sur la propriété des Religieuses Hospitalières est un lieu de prières qui favorise les pèlerinages de malades.

Pavillon LaDauversière, Vallée-Lourdes, N.-B., Annexe du Sanatorium de 1950 à 1961. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Pavillon LaDauversière, annexe du Sanatorium, 1950‑1961

Comme le nombre de malades augmente sensiblement, un manque d’espace se fait sentir au Sanatorium. À la demande du ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick pour un nouveau bâtiment, le 1er juin 1950, le Pavillon LaDauversière, qui reçoit des personnes âgées depuis décembre 1948, sera transformé en annexe du Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes, offrant ainsi 80 lits supplémentaires. En 1959, le Sanatorium compte en tout 172 lits, et depuis le début de la fondation, 3,740 malades ont été soignés. Les traitements offerts aux tuberculeux sont efficaces et, en 1961, le Pavillon LaDauversière, qui a soigné 1,218 malades, cesse de recevoir les tuberculeux et devient une annexe de l’Hôtel-Dieu St-Joseph de Bathurst qui est à l’étroit.

En 1972, le nombre de malades du Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes ayant diminué, le deuxième étage est aménagé pour recevoir des personnes âgées. Le ministre de la Santé annonce la fermeture du Sanatorium et les quelques tuberculeux qui restent sont transférés à l’hôpital.

Des travaux de rénovations effectués au premier étage terminés, le 26 octobre 1974, les résidants du Foyer St-Camille-de-Lellis y sont transférés, car ce bâtiment en bois situé sur l’avenue St-Pierre de Bathurst ferme définitivement ses portes. L’édifice du Sanatorium se nommera désormais Foyer Notre-Dame-de-Lourdes.

Hôtel-Dieu Saint-Joseph, Bathurst, N.-B., 1968. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Hôtel-Dieu Saint-Joseph, 1940‑2006

Le projet d’un hôpital catholique à Bathurst relève d’abord de Mgr Dosithée Robichaud, curé de Bathurst, qui achète le domaine de Pine Hill et en cède un morceau aux Hospitalières de Bathurst en vue de la construction d’un hôpital qui serait dirigé par les Hospitalières de St-Joseph. Elles acceptent le 14 mars 1940 et sœur St-Albert (Éva Albert), qui deviendra la première directrice de l’hôpital, collabore activement avec l’architecte Louis N. Audet de Sherbrooke qui dresse les plans d’un édifice à cinq étages. La communauté des sœurs de l’Hôtel-Dieu sera formée de six sœurs du Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes, de quatre sœurs de Tracadie et d’une sœur d’Arthabaska. Le 5 août 1942, les Hospitalières prennent la direction du nouvel l’Hôtel-Dieu de 80 lits. Suite à l’incendie de l’Hôpital J.H. Dunn de Bathurst en 1950, 30 lits seront ajoutés.

Le 9 septembre 1942, Mgr Camille-André LeBlanc, nouvel évêque de Bathurst, préside la cérémonie d’ouverture officielle de l’Hôtel-Dieu et Mgr Ildebrando Antoniutti, délégué apostolique, fait la bénédiction solennelle. Durant toute la durée de l’Hôtel-Dieu, les huit directrices successives et la plupart des chefs de départements sont des sœurs hospitalières. Mgr A. Trudel, qui est à la retraite, est le premier aumônier, et Mgr Edgar Godin le remplace en 1948. Dès décembre 1942, les Dames auxiliaires s’organisent sous la présidence de Madame E.J. Léger. Le premier bureau consultatif de l’Hôtel-Dieu s’active en 1948 sous la présidence de Mgr Dosithée Robichaud. Un bureau médical formé en 1942 comprend sept médecins avec comme président, le docteur C. J. Veniot, et le Dr Gérald Gauvin comme secrétaire. Vers 1962, le bureau médical comptera treize médecins.

Entre 1946 et 1953, sœur St-Albert, supérieure et directrice de l’hôpital, rend compte de sa gestion au Conseil général des Hospitalières de St-Joseph de Vallée-Lourdes. Par la suite, le Conseil de la province de Notre-Dame-de-l’Assomption, qui relève du généralat d’Amérique avec siège social à Montréal, agit comme Bureau des gouverneurs des institutions des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du Nouveau-Brunswick.

En 1947, le Conseil canadien d’agrément reconnait l’excellence des soins donnés à l’Hôtel-Dieu. Puis en 1951, l’hôpital reçoit l’agrément officiel du Collège américain de Chirurgie.

Résidence des infirmières de l’Hôtel-Dieu de Bathurst, 1943. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

École des infirmières de l’Hôtel-Dieu de Bathurst, 1943‑1962

Aussitôt que l’Hôtel-Dieu ouvre ses portes, le projet d’une École d’infirmières est mis à exécution, en février 1943. Sœur Carroll de Campbellton en sera l’organisatrice et la directrice jusqu’en 1945. Ensuite les sœurs Marthe LaPlante et Jeannette Thériault en prendront successivement la direction. L’École des infirmières est affiliée à l’Université du Sacré-Cœur de Bathurst et les infirmières passent les examens de l’Association des infirmières du Nouveau-Brunswick afin d’être reconnues infirmières immatriculées. Des débuts jusqu’en 1972, année de sa fermeture, l’École d’infirmières de l’Hôtel-Dieu de Bathurst aura formé 567 infirmières diplômées.

Fondée en 1953, une École d’auxiliaires en soins infirmiers est active jusqu’en 1962. Mlle Yvonne LaPlante et sœur Lorraine Godin en ont été directrices. Cette école décernera des diplômes à 144 finissants et finissantes.

Pavillon LaDauversière : annexe de l’Hôtel-Dieu, 1961‑1970

Au tournant des années 1960, le nombre toujours croissant de malades à l’Hôtel-Dieu rend la situation difficile. Pour y remédier, le Pavillon LaDauversière, où il n’y a presque plus de tuberculeux, sera libéré dès novembre 1961. Il servira d’Annexe de l’Hôtel-Dieu de Bathurst, avec une capacité de 80 lits en pédiatrie, gériatrie, maternité et pouponnière. Sœur Estelle Martin est nommée supérieure au Pavillon LaDauversière. En 1962, l’Hôtel-Dieu St-Joseph de Bathurst peut compter sur un personnel de 200 personnes, dont 30 infirmières diplômées et 15 religieuses. Entre 1942 et 1967, il y aura 96 332 admissions à l’Hôtel-Dieu de Bathurst.

Afin d’assurer plus d’espace pour les services hospitaliers, le 4 août 1967, les sœurs quittent les locaux qu’elles occupaient à l’Hôtel-Dieu et s’installent dans la résidence du 232 de la rue St. Andrew, pas très loin de l’hôpital. En août 1974, les membres du Conseil provincial iront habiter cette grande maison jusqu’à sa fermeture en 2006.

Résidence LaDauversière, 2094, rue Vallée-Lourdes, Bathurst. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Implantation de l’Hôpital Général Chaleur à Bathurst, 1969

En vue du nouvel Hôpital Général Chaleur à Bathurst, le gouvernement du Nouveau-Brunswick et les autorités des Hospitalières de St-Joseph se mettent d’accord. Au cours de l’été 1968, à la demande du ministère de la Santé, des plans sont élaborés en vue de la fusion des trois entités : l’Hôtel-Dieu St-Joseph de Bathurst, son annexe le Pavillon LaDauversière à Vallée-Lourdes et le soin des tuberculeux du Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes. La fusion est signée le 19 janvier 1969 et en février 1969, la communauté de l’Hôtel-Dieu déménage au 2094 de la rue Vallée-Lourdes. Sœur Thérèse Haché, qui est alors supérieure, est nommée directrice générale de l’Hôpital Général Chaleur et chargée de la transition et des transferts.

Après trente années de bons services à la population du nord-est du Nouveau-Brunswick, l’Hôtel-Dieu St-Joseph de Bathurst ferme définitivement ses portes. En janvier 1972, les malades sont transférés à l’Hôpital Général Chaleur, et le 2 février 1972, la congrégation des Religieuses Hospitalières de St-Joseph cède au gouvernement du Nouveau-Brunswick, pour la symbolique somme d’un dollar, le Pavillon LaDauversière et la propriété d’un immense terrain qui servira pour le nouvel hôpital et ses dépendances. Le Pavillon LaDauversière sera démoli éventuellement et l’édifice de l’Hôtel-Dieu St-Joseph sur Pine Hill à Bathurst sera vendu au gouvernement, le 29 mars 1973. L’ancien Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes sera transformé en foyer de soins, toujours sous la direction des Religieuses Hospitalières de St-Joseph qui en sont propriétaires.

Bénédiction du premier Foyer St-Camille-de-Lellis dans la maison Rogers, 18 juillet 1943. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Bathurst, Foyers de soins, 1943‑2000

Foyer St-Camille-de-Lellis, Vallée-Lourdes et Belledune, 1943-1952
Le Foyer St-Camille-de-Lellis a changé de lieu six fois et de nom, une fois pour devenir Foyer Notre-Dame-de-Lourdes. En 1943, les Hospitalières de St-Joseph du Sanatorium achètent la maison d’un Monsieur Rogers et sa propriété à Vallée-Lourdes pour en faire un foyer de soins. La maison prendra le nom de St-Camille-de-Lellis en l’honneur du nouvel évêque Mgr Camille-A. LeBlanc. Trois sœurs hospitalières de la communauté de Campbellton viennent desservir ce foyer qui offre asile aux personnes âgées de la région.

Presbytère de Belledune, sert de Foyer de 1950-1952. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

La bénédiction solennelle du Foyer St-Camille-de-Lellis a lieu le 18 juillet 1943, et les personnes âgées qui étaient logées au Sanatorium y sont admises le 25 août. Cette assez grande maison servira de Foyer jusqu’en 1946, année où elle est cédée aux Pères Capucins. Par conséquent, les personnes âgées et les sœurs déménagent à la Maison Dunn de Vallée-Lourdes, qui a été agrandie pour le noviciat de la congrégation. Deux ans plus tard, le 23 décembre 1948, le Pavillon LaDauversière est suffisamment achevé pour recevoir le plus grand nombre possible de personnes âgées du diocèse. Elles n’y seront pas longtemps, car en 1950, à la demande du gouvernement du Nouveau-Brunswick, le Pavillon LaDauversière deviendra une annexe du Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes, dont le nombre de malades augmente toujours.

Les personnes âgées sont transférées en partie chez les Hospitalières de Chatham, Saint-Basile et Saint-Quentin. Un petit groupe ira habiter au presbytère de Belledune aménagé par le père Yvon Sirois, curé de la paroisse, pour recevoir douze personnes. Le 11 janvier 1951, cinq sœurs sont nommées pour prendre en charge ce petit foyer avec sœur Mélanie Lavoie comme supérieure.

Vue aérienne du Foyer St-Camille-de-Lellis, avenue St-Pierre, Bathurst, 1972. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Foyer St-Camille-de-Lellis, avenue St-Pierre, 1952‑1974

Fidèle à sa promesse, Mgr C.-A. LeBlanc fait construire aux frais du diocèse un vaste édifice en bois à trois étages sur l’avenue St-Pierre à Bathurst. Dès l’ouverture de ce nouveau Foyer St-Camille-de-Lellis, le 7 septembre 1952, les 63 lits sont tous occupés. Sœur Mélanie Lavoie est la première supérieure et directrice du foyer. Le père Armand Martin sera aumônier durant presque toute la durée du Foyer. Avec l’aide du bien-être social et d’allocations du gouvernement, la situation financière du Foyer est convenable.

Après 20 ans d’existence, le Foyer St-Camille-de-Lellis est jugé non conforme aux normes de sécurité par le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick, qui en recommande la fermeture. Les départs s’effectueront par groupes au Sanatorium transformé en Foyer de soins, entre 1972 et 1974. Le vieil édifice en bois, tout comme la résidence des sœurs construite en 1968 près du Foyer seront vendus. Les sœurs quittent définitivement l’avenue St-Pierre, le 31 août 1976.

Foyer Notre-Dame-de-Lourdes, 1972‑2000

Entre-temps, le nombre de malades atteints de tuberculose a tellement diminué au Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes que le 2e étage est pratiquement vide. L’espace vacant permettra d’accueillir le premier groupe de 35 personnes âgées du Foyer St-Camille qui y est transféré le 14 juin 1972. La rénovation de l’édifice pour accommoder une centaine de résidents est approuvée par le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick. Sœur Thérèse Duplessis s’occupe de l’organisation du nouveau Foyer et en devient la première directrice générale. En 1974, les derniers tuberculeux sont transférés à l’Hôpital Général Chaleur et, en septembre et octobre les derniers résidents du Foyer St-Camille déménagent dans leur nouveau foyer qui prendra désormais le nom de Foyer Notre-Dame-de-Lourdes.

En 1975, les sœurs de l’ancien Sanatorium devenu Foyer Notre-Dame-de-Lourdes cèdent leurs locaux de l’aile ouest au-dessus de la chapelle pour loger les personnes âgées. Les sœurs s’installent alors dans la Maison Sainte-Bernadette, ancienne résidence des femmes employées au Sanatorium. D’importantes rénovations s’imposent et, entre 1974 et 1977 des travaux d’aménagements sont effectués pour répondre aux normes. L’ouverture a lieu le 1er octobre 1977.

Vue aérienne de l’ancien et du nouveau Foyer Notre-Dame-de-Lourdes, 2000. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Le 21 novembre 1978, le Foyer est incorporé sous le nom de Foyer Notre-Dame-de-Lourdes Inc. À partir de septembre 1983, un Conseil d’administration composé de laïcs et de religieuses assure la bonne marche de l’institution. Monsieur Claude Desrosiers est nommé directeur général en septembre 1985. Il y a encore six Religieuses Hospitalières qui travaillent auprès des personnes âgées, soit comme infirmières ou agentes de pastorale.

En février 1995, le Conseil d’administration du Foyer Notre-Dame-de-Lourdes fait une demande de fonds pour agrandir le foyer. Deux ans plus tard, le Conseil demande plutôt de construire un nouveau foyer de soins. Le coût du projet s’élève à environ dix millions de dollars, mais en 1997, le United Commercial Transfer (U.C.T.) de Bathurst fait un don d’un million de dollars. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick apporte une contribution financière et autorise une hypothèque. Les Religieuses Hospitalières font don d’un terrain de huit acres entre l’ancien foyer et l’Hôpital Chaleur. La levée de la première pelletée de terre a lieu le 6 octobre 1998. La construction d’un foyer à un étage avec des îlots étalés en forme d’étoile est terminée en mai 2000.

Le transfert des cent résidents dans le nouveau Foyer Notre-Dame-de-Lourdes est tout un événement : deux cents personnes, employés et bénévoles, y contribuent dans un temps record de 2 heures 15 minutes. L’ouverture officielle a lieu le 1er octobre et les employés soulignent l’ouverture en plantant une vingtaine d’arbres sur le site. L’ancien édifice qui a servi de sanatorium puis de foyer sera démoli.

En janvier 2002, les Religieuses Hospitalières de St-Joseph et le Conseil d’administration du Foyer Notre-Dame-de-Lourdes transfèrent la responsabilité du Foyer au Partenariat Catholique de la Santé Inc.

Le Foyer compte 130 lits et, en plus des soins de longue durée, il offre d’autres services aux personnes avec incapacités et déficiences. Cet établissement des plus modernes s’inscrit en continuité avec les valeurs de compassion et la mission que les Religieuses Hospitalières ont privilégiées depuis leur fondation en France en 1636.

Gouvernement des RHSJ au Nouveau-Brunswick

Un important changement de structure administrative prit d’abord forme chez les Hospitalières de St-Joseph du Nouveau-Brunswick dans la première moitié du 20e siècle. Les maisons qui étaient autonomes depuis les débuts, s’unissent en 1946 pour former le généralat acadien. Puis en 1953, avec la reconnaissance d’un généralat d’Amérique, les maisons du Nouveau-Brunswick constitueront la province Notre-Dame-de-l’Assomption avec siège social à Bathurst. Finalement les provinces seront abolies en 2000 et les sœurs et les communautés qui restent seront rattachées au conseil général qui habite à la Maison des Hospitalières de Montréal.

Vue d’ensemble du troupeau de vaches et des bâtiments de la Ferme de Lourdes, 1944. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Généralat acadien, 1946‑1953

Avant l’instauration d’une structure généralice unissant les maisons de la Congrégation, toutes les maisons des RHSJ étaient autonomes. Cela signifie que chaque maison avait la pleine responsabilité financière des biens de la communauté et de la gestion de ses œuvres en soins de santé (malades, handicapés et personnes âgées) et en éducation (orphelinats, pensionnats et écoles publiques pour filles et garçons). Presque toutes les maisons logeaient leur personnel et exploitaient une ferme qui assurait la subsistance et parfois des revenus économiques pour ses institutions.

Le projet d’unir les maisons des Hospitalières du Nouveau-Brunswick en généralat remonte aux années 1930 et a pris naissance à la communauté des Hospitalières de Campbellton. Les établissements de Saint-Basile, Tracadie et Bathurst assurèrent bientôt leur appui. En 1933, une première demande adressée à Rome pour former un généralat fut refusée. La maison de Chatham avait été consultée, mais elle préféra attendre pour se joindre aux sœurs anglophones de l’Ontario. Par contre la demande d’un noviciat commun pour les maisons du Nouveau-Brunswick fut approuvée en 1935 et la Maison Dunn de Vallée-Lourdes s’avéra le meilleur endroit pour son implantation.

Maison Dunn agrandie pour loger la Maison mère et le noviciat de Vallée-Lourdes, 1950. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

De nouvelles Constitutions seront proposées à Rome en vue de la formation et du fonctionnement d’un généralat. Après bien des consultations et interventions de la part de Mgr Camille-André LeBlanc, évêque de Bathurst, et de Mgr Ildebrando Antoniutti, délégué apostolique, l’union en généralat des quatre monastères de Tracadie, Saint-Basile, Campbellton et Vallée-Lourdes sera finalement approuvée le 13 novembre 1946. La Maison Dunn de Vallée-Lourdes agrandie pour servir de noviciat devint la Maison mère des maisons du Nouveau-Brunswick. Sœur LaDauversière (Isabelle Sormany) sera supérieure générale de 1946 à 1949 et Mère Savoie (Georgina Robichaud) lui succèdera jusqu’à l’avènement du généralat d’Amérique en 1953. Il y avait des assistantes originaires de presque toutes les maisons. Sœur Éva Albert fut nommée économe générale et assuma la responsabilité de la Ferme de Lourdes.

Entretemps, un incendie survenu la veille de Noël en 1951 anéantit la Maison mère et le noviciat de Vallée-Lourdes. Le conseil général trouve refuge à l’Hôtel-Dieu de Bathurst, alors que le noviciat se poursuit pour la vingtaine de novices et les postulantes dans la Maison des retraites St-Joseph du diocèse de Bathurst, jusqu’à l’ouverture de la maison provinciale à Vallée-Lourdes en 1953.

Vue aérienne de la Maison provinciale NDA, Vallée-Lourdes, N.-B., 2000. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Province Notre-Dame-de-l’Assomption, 1953‑2000

Vers 1950-1951, les fondations d’une deuxième Maison mère, qui deviendra Maison provinciale en 1953, sont creusées près de l’ancienne Maison mère incendiée en 1951. On commencera à habiter la nouvelle Maison provinciale en 1953, année où le généralat d’Amérique avec siège social et Maison mère à Montréal est approuvé par Rome. Les maisons du Nouveau-Brunswick forment la province religieuse Notre-Dame-de-l’Assomption (NDA) avec un conseil provincial à Vallée-Lourdes, qui comprend la supérieure provinciale sœur Marthe Laplante et trois assistantes. Sœur St-Georges (Alice Allain), économe provinciale, jouera un rôle important dans la réforme de l’assurance santé au Nouveau-Brunswick.

Le milieu du 20e siècle est témoin d’une importante expansion des œuvres des Sœurs Hospitalières de St-Joseph à l’intérieur du Nouveau Brunswick : l’ouverture de deux sanatoriums à Vallée-Lourdes et à Saint-Basile, de petits hôpitaux à St-Quentin, Perth-Andover, Lamèque, Caraquet et Grand-Sault ainsi que deux imposants foyers de soins à Bathurst et à Saint-Basile.

À l’extérieur de la province, les Hospitalières établissent de nouvelles fondations à Van Buren au Maine, à Sorel au Québec, à Yarmouth en Nouvelle-Écosse, ainsi que d’importantes œuvres au Pérou, à San Pablo et à Lima surtout. Le personnel religieux assez nombreux dans les années d’après-guerre jusqu’aux années 1960 assure la plupart des postes de direction et les services essentiels aux œuvres. Beaucoup de jeunes filles, la plupart d’anciennes élèves ou employées des sœurs, entrent alors en communauté, assurant ainsi la continuité et la multiplication des œuvres des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.

La province NDA comprend des œuvres assez fructueuses dans les débuts, mais elle devra subir bien des changements tant civils que religieux au cours de son existence d’une cinquantaine d’années. Dans les années 1960 et 1970, les œuvres de santé et d’éducation des Religieuses Hospitalières sont prises en charge par le gouvernement du Nouveau-Brunswick et le nombre de religieuses décline rapidement.

Ce phénomène s’explique en partie par la forte diminution du nombre d’entrées, mais aussi par les décès et les sorties de sœurs à vœux perpétuels. D’après les statistiques de la province NDA, en décembre 1953, il y a 22 novices, 22 postulantes et 342 professes temporaires et perpétuelles, réparties dans 18 maisons, y compris les maisons du Pérou. En 1967, il y a 368 sœurs professes dans la province NDA; en 1987, il y en a 237; en 2007, 116.

Le conseil provincial NDA est dissout en 2000. Il ne reste plus en 2025 qu’un conseil général pour l’ensemble de la congrégation qui consiste en six groupes communautaires, dont les deux au Nouveau-Brunswick, Bathurst et Saint-Basile, qui comptent une quarantaine de sœurs.

SAINT-QUENTIN Hôtel-Dieu St-Joseph, 1947‑2010

En 1946, les gens de Saint-Quentin prennent l’initiative de se doter d’un hôpital dans leur localité. Un comité de la Chambre de commerce achète les lots 4 et 5 du rang 11 qui comprend 200 acres de terre, une grande maison, qui servira d’hôpital, et des bâtiments de ferme. Le comité organisateur achète aussi l’équipement et le matériel de l’hôpital Sanita d’Edmundston qui vient de fermer ses portes. Dès janvier 1947, Mlle Zita Rioux, infirmière diplômée, est engagée comme surintendante d’un petit hôpital de 11 lits qui admettra ses premiers malades le 7 avril 1947.

Hôtel-Dieu St-Joseph, Saint-Quentin, N.-B., 1950. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Cependant, afin d’assurer le succès et la stabilité de l’hôpital naissant, la contribution d’une communauté religieuse s’avère indispensable. Le curé Mgr Eudore Martin s’adresse aux Religieuses Hospitalières du Nouveau-Brunswick. Le 14 avril 1947, le petit établissement hospitalier accueille les sœurs Séguin, supérieure, Célestine Allard et Ste-Elisabeth (Elisabeth Thériault). Brigitte LeCouteur de Lamèque, considérée comme « personne à tout faire » de la communauté, les accompagne. Le 11 mai 1947, un projet d’agrandissement est déjà considéré et la construction d’une rallonge débute aussitôt, doublant ainsi l’espace, pour donner un hôpital de 30 lits. La bénédiction officielle de l’Hôtel-Dieu de St-Joseph de Saint-Quentin a lieu le 8 décembre de la même année.

L’Hôtel-Dieu connaît rapidement des problèmes financiers qui compromettent son existence. Sœur Anne-Marie Dionne, qui est nommée supérieure en 1953, met à profit ses dons d’administratrice. Un Bureau de direction mis sur pied en 1946 est remplacé par un Conseil consultatif.

Vers 1955, tous sont persuadés qu’un édifice moderne est requis pour répondre aux besoins en santé dans la grande région du Restigouche-Ouest. Les Hospitalières approuvent le projet, et, après bien des démarches, le Conseil obtient la promesse d’une importante contribution financière de la part du premier ministre Louis J. Robichaud, qui approuve les plans et accorde les octrois de construction d’un hôpital de 40 lits. Brunswick Construction d’Edmundston met le chantier en marche en août 1962 et en novembre 1963 a lieu l’ouverture officielle du nouvel hôpital moderne et spacieux.

Hôtel-Dieu St-Joseph, Saint-Quentin, N.-B., 1963. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

À partir des débuts de l’hôpital jusqu’en 1981, les Hospitalières assurent la direction de l’Hôtel-Dieu. Quelques médecins y ont aussi laissé leur marque, le Dr Bernard Savoie et le Dr Jean Claude Terras. Jusqu’en 1992, le Conseil d’’administration de l’Hôtel-Dieu rend compte au Bureau des gouverneurs des Religieuses Hospitalières de St-Joseph à Bathurst. Puis, le Nouveau-Brunswick passe une loi qui transfère la propriété des hôpitaux catholiques des RHSJ à des corporations gouvernementales.

En 2001, l’Hôtel-Dieu de Saint-Quentin fera partie de la Corporation hospitalière de la Région 4. En 2004, un nouveau plan de réforme provinciale déclare la fermeture de l’Hôpital, qui restera pourtant ouvert avec 6 lits seulement et tous les services ambulatoires et externes. En 2008, l’Hôtel-Dieu fera partie de la régie Vitalité.

Afin de protéger les valeurs catholiques léguées par les Hospitalières, l’Hôtel-Dieu de Saint-Quentin est membre de Santé Catholique Internationale Inc. Le dévouement des Hospitalières a été reconnu publiquement à maintes reprises. En 2003, la Société du Patrimoine de Saint-Quentin les nommait Citoyennes de l’année. De plus, un monument en hommage aux Hospitalières de St-Joseph a été inauguré le 14 octobre 2012, sur le terrain de l’hôpital.

PERTH-ANDOVER Hôtel-Dieu St-Joseph, 1947‑2010

À la demande du père Grégoire Léger, o.f.m., alors curé d’Aroostook, et avec l’autorisation de l’évêque d’Edmundston Mgr Marie-Antoine Roy, les Religieuses Hospitalières de St-Joseph acceptent d’ouvrir un petit hôpital à Perth, dans un milieu anglophone à majorité protestante. Les besoins sont évidents et la population est prête à collaborer. Charles Armstrong, protestant favorable à la venue des sœurs, met à leur disposition un ancien restaurant pour recevoir les malades. Le premier Hôtel-Dieu de Perth débute en 1947, dans une maison comprenant onze lits pour les malades. Au début de 1948, afin de laisser plus de place pour les soins de santé, on fait construire une résidence pour les religieuses et les employés.

Hôtel-Dieu St-Joseph de Perth, 1950. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

La première directrice est sœur Corinne Kerr, une anglophone bilingue de Campbellton, qui est en fonction jusqu’en 1952. Elle aurait déclaré tout bonnement à une personne influente de la région qui refusait leur présence : « Nous ne sommes pas venues pour vous. Nous sommes venues pour les malades. » Déjà quatre médecins de la région de Perth-Andover s’intéressent à l’hôpital et viennent y soigner les malades. Par la suite six religieuses exceptionnelles se sont succédé comme directrice générale, entre autres, les sœurs Brigitte Légère (1952-1958), Imelda Lizotte (1969-1980) et Bernadette Lévesque (1980-1993).

Graduellement le nombre de lits augmente et les travaux de construction d’un nouvel hôpital de 45 lits débutent en 1953. En juillet 1954, l’évêque d’Edmundston, Mgr Joseph-Roméo Gagnon, bénit le nouvel Hôtel-Dieu St-Joseph de Perth. L’hôpital progresse et, en octobre 1956, un chirurgien certifié vient s’ajouter au personnel médical. Après la construction d’un nouvel hôpital et le transfert des malades dans les nouveaux locaux, les sœurs s’installent à l’étage supérieur de ce qui a été l’hôpital provisoire. La même année, un groupe de Dames Auxiliaires, à majorité protestante, se dévouent pour l’avancement de l’œuvre.

Hôtel-Dieu St-Joseph de Perth, 1954. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

En 1958, l’Hôtel-Dieu reçoit un premier agrément officiel de la commission d’Accréditation des hôpitaux. Durant deux décennies, des transformations s’effectuent en vue de l’amélioration des services offerts à la population. C’est ainsi qu’en 1959, une construction à l’épreuve du feu est réalisée, et en 1968 un projet d’agrandissement de l’hôpital comprend l’ajout d’une aile avec un département de chirurgie, deux salles de malades et différents services, comme la radiologie, un laboratoire et autres.

En octobre 1978, l’hôpital ouvre un nouveau département pour les urgences et les soins d’un jour, un département de physiothérapie et une pédiatrie. En 1981, le Conseil consultatif de l’hôpital est remplacé par un Conseil de direction composé de membres de diverses confessions religieuses actives dans la région de Perth-Andover. Dans un véritable esprit œcuménique, tous travaillent au mieux-être des malades, en conformité au charisme de tendresse et de compassion légué par les Religieuses Hospitalières de St-Joseph. La fermeture de la communauté des sœurs de Perth-Andover a lieu en 2010, après plus de 60 années de services en soins de santé et en pastorale hospitalière.

L’Hôtel-Dieu Saint-Joseph de Perth-Andover est actuellement un hôpital de soins actifs de 42 lits, géré par la Régie Santé de la Vallée. L’Hôtel-Dieu fait partie de Santé catholique internationale, Inc., qui en est propriétaire et parraine ce petit hôpital, l’un des 19 établissements de la région.

LAMÈQUE Hôtel-Dieu St-Joseph, 1949‑1972

L’Hôtel-Dieu St-Joseph de Lamèque a été fondé en 1949, grâce en grande partie au curé de la paroisse, le père Louis Morin, qui fait des démarches auprès des Religieuses Hospitalières de St-Joseph et offre son presbytère pour servir d’hôpital. Mère LaDauversière (Isabelle Sormany), supérieure générale à l’époque, est heureuse d’ouvrir un hôpital de sa Congrégation dans son milieu natal. L’abbé Morin meurt subitement en 1950 et son successeur, le père Lucien Saindon, prend à cœur les besoins en santé des habitants de l’île de Lamèque. Sa collaboration à la construction d’un nouvel hôpital en 1960 est remarquable.

Presbytère de Lamèque, premier hôpital, 1949. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Les trois premières religieuses désignées pour organiser et desservir le petit hôpital de Lamèque sont les sœurs Ste-Thérèse-de-Lisieux (née Alfréda Haché), supérieure, Madeleine Roy et Marie-de-Jésus (Bernadette Haché). Elles arrivent à Lamèque le 2 février 1949 peu de temps après le premier médecin, le docteur Eugène Cormier. Les départements de l’hôpital seront organisés et dirigés par des religieuses en étroite collaboration avec la directrice sœur Alfréda Haché, native de Lamèque, qui se dévouera pendant quatre ans à la mise sur pied d’un petit Hôtel-Dieu.

Plusieurs médecins ont œuvré à l’Hôtel-Dieu de Lamèque. Sans le secours et la collaboration des Dames Auxiliaires, groupe fondé en 1949 par la directrice de l’hôpital, il aurait été difficile de mener à bonne fin l’organisation d’un hôpital en pleine campagne isolée, dans un presbytère qui n’avait même pas de système de chauffage. Ce n’est pas facile d’organiser un hôpital sur une île en plein hiver. Sœur Alfréda Haché risqua plus d’une fois sa vie en aidant à traverser de grands malades sur la glace incertaine et fragile autour d’une île où il n’y avait pas encore de pont.

L’Hôtel-Dieu Saint-Joseph de Lamèque a été incorporé en 1956. Le personnel médical et hospitalier, le conseil consultatif, les Dames Auxiliaires et toute la population de Lamèque ont toujours offert une excellente collaboration aux Hospitalières qui ont la charge administrative de l’Hôtel-Dieu. En 1960, c’est au tour de sœur Albertine Allain de prendre la relève, avec en plus, la responsabilité de veiller à la construction d’un hôpital.

Hôtel-Dieu St-Joseph de Lamèque, N.-B., 1963. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Le conseil consultatif de l’Hôtel-Dieu St-Joseph est mis sur pied en mars 1953. Il sera réorganisé le 19 avril 1959. Les membres élus sont des gens de Lamèque : Bertin Jean, président, Alexis Duguay et Martin Paulin. Tous trois resteront en fonction pendant la construction d’un petit hôpital moderne, réalisé conjointement par la population de Lamèque, les Religieuses Hospitalières de St-Joseph et le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick.

Mgr Camille-A. LeBlanc bénit le terrain le 25 septembre 1961, et le docteur Georges Dumont lève la première pelletée de terre. Le nouvel Hôtel-Dieu St-Joseph de 42 lits ouvre officiellement ses portes le 4 août 1963, et Me Chaiker Abbis, ex-président de l’Association des Hôpitaux des Maritimes, est le conférencier invité. Le coût approximatif de la construction est de $620,000.00.

Malheureusement, la congrégation des Hospitalières de St-Joseph devra quitter l’Hôtel-Dieu St-Joseph de Lamèque en juin 1972. Sœur Thérèse Duplessis sera la dernière hospitalière à diriger l’hôpital que le gouvernement du Nouveau-Brunswick prendra en charge par la suite.

CARAQUET Hôpital de l’Enfant-Jésus, 1963‑1985

L’idée d’un hôpital à Caraquet a d’abord été lancée à la mi-février 1958 par le docteur Joseph Ryan et Fernand Lanteigne. La réalisation de ce projet d’envergure est due à une étroite collaboration entre la Ville de Caraquet, les Religieuses Hospitalières de St-Joseph et le gouvernement du Nouveau-Brunswick. Les Hospitalières de la province Notre-Dame-de-l’Assomption acceptent de prendre en charge la construction et l’administration de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. L’estimé du coût total est de $ 800,000.00, et le gouvernement du Nouveau-Brunswick promet une contribution de $ 307 000.00. Une partie du terrain acheté par la paroisse est cédé aux Hospitalières pour la construction d’un hôpital de 55 lits avec des locaux pour les religieuses.

Hôpital de l’Enfant-Jésus, Caraquet, N.-B., 1975. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Le 19 mai 1963, sept religieuses hospitalières arrivent à Caraquet pour prendre en main l’organisation et l’administration de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. Sœur Bernadette Lévesque est à la fois supérieure et directrice générale. Le 15 août 1963, Mgr Camille-A. LeBlanc, préside la bénédiction officielle de l’Hôpital, en présence de Hédard Robichaud, ministre des Pêches, du docteur Georges L. Dumont, ministre de la Santé, et de nombreux citoyens de la région. L’hôpital a une capacité de 56 lits, 18 places à la pouponnière et 14 lits en maternité. Les principaux départements et services sont dirigés par des religieuses : pédiatrie, chirurgie, médecine, obstétrique, cuisine moderne, buanderie, service de dispensaire et autres. Le premier bureau médical se compose des docteurs Raymond Savoie, Isabelle Bourgeois-Savoie, Perly LeBouthillier et C. A. Blanchard.

En février 1971, une clinique d’hygiène mentale ouvre à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, dans le but de desservir toute la population de Grande-Anse à Néguac. En décembre 1972, le Conseil d’administration accorde un local aux infirmières hygiénistes. Le service de soins à domicile commence en mars 1973. L’administration de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus relève du Bureau des gouverneurs des Hospitalières de St-Joseph qui nomme Fernand Rioux, premier directeur général laïc, le 12 janvier 1986. La croissance des services à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus s’accentue avec les ajouts suivants : gynécologie, physiothérapie, ergothérapie, échographie, mammographie, inhalothérapie et orthophonie.

Après la fermeture de la communauté des religieuses, le 5 mars 1985, quelques hospitalières continuent de travailler à Caraquet pendant quelque temps. Durant la même période, la Fondation de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus voit le jour en 1987. Cependant, les réformes de 1992 et de 2002 résultent en une perte d’autonomie et de gouvernance. Avec la dissolution des conseils d’administration, on assiste à la diminution progressive des services. Le développement de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus est bloqué, mais la population manifeste pour le maintien de son hôpital. De 1991 à 1994, l’hôpital est partiellement rénové et des travaux réalisés permettent de faire un agrandissement. De 2004 à 2008, l’hôpital devient un centre de santé communautaire, mais retrouve son statut d’hôpital en 2008. L’Hôpital fait partie du réseau de Santé Vitalité et est membre de Santé Catholique Internationale, Inc.

GRAND-SAULT Hôpital Général, 1964‑1985

L’établissement d’un hôpital à Grand-Sault est le résultat des démarches de la Compagnie de l’Hôpital Général composée de citoyens influents et intéressés qui entament des négociations avec les Religieuses Hospitalières de St-Joseph, vers la fin des années 1950. En 1962, les représentants Wilmot Vasseur et Roger Cloutier signent une entente avec le Conseil provincial des Hospitalières dont le siège social est à Bathurst, N.-B. Les religieuses ne souhaitent pas assumer une construction ni acquérir un autre hôpital. La Compagnie de l’Hôpital Général de Grand-Sault a donc la pleine responsabilité et la propriété du nouvel hôpital qui desservira Grand-Sault et les environs. Comme c’est alors la coutume, la bénédiction du terrain a lieu en septembre 1962, avant le début de la construction qui est supervisée par la Compagnie de l’Hôpital Général.

Hôpital Général de Grand-Sault, N.-B., 1964 Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Le 2 janvier 1964, cinq sœurs hospitalières arrivent à Grand-Sault, où une petite résidence près de l’Hôpital est mise à leur disposition. Au début, les religieuses occupent la plupart des postes de direction, autant dans l’administration que dans certains services. L’Hôpital Général, qui ouvre officiellement ses portes le 7 juin 1964, compte 62 lits, dont 17 en médecine, 17 en chirurgie, 12 en maternité, 16 en pédiatrie et 13 bassinettes à la pouponnière.

Le conseil d’administration gère l’Hôpital Général et les Religieuses Hospitalières en assurent le fonctionnement. Les deux dernières religieuses à occuper le poste de directrice générale sont les sœurs Jeannette Thériault et Adrienne Desjardins. En 1980, madame Marcelle Fafard prend la relève, au moment où l’Hôpital progresse. Une nouvelle aile, ouverte en avril 1979, permet d’ajouter une salle d’attente, des salles d’examen pour l’urgence, des services de physiothérapie, d’électrocardiographie, un laboratoire et la radiologie.

En 1985, les Hospitalières quittent définitivement l’Hôpital Général de Grand-Sault. Le Conseil d’administration leur présente des hommages et des remerciements pour la vingtaine d’années de bons services rendus à la ville de Grand-Sault et des environs. L’Hôpital continue de desservir la population et fait partie du réseau de Santé Vitalité.

BRANTVILLE Maison des Soeurs Hospitalières, 1974‑2005

En fondant une petite communauté à Brantville, le Conseil provincial des Religieuses Hospitalières de St-Joseph avait comme but d’assurer une présence aidante dans un milieu défavorisé et éloigné des grands centres. Les premières religieuses désignées pour ce nouvel apostolat arrivent à Brantville, le 24 août 1974. Elles habiteront dans une petite maison en face du Centre communautaire et rendront de multiples services : enseignement de la catéchèse, pastorale du baptême, visites à domicile des personnes âgées et des malades, animation liturgique, organisation d’une maternelle communautaire, cours prénataux, enseignement individuel aux handicapés et aux adultes, organisation d’un ouvroir, animation d’Al-Anon et de mouvements scouts, guides et jeannettes.

Les maternelles de Brantville et de Rivière-du-Portage mises sur pied et subventionnées par les Religieuses Hospitalières de St-Joseph entre 1974 et 1990 sont sans contredit des œuvres éducatives très fructueuses. Par la suite, les maternelles seront intégrées dans le système scolaire public au Nouveau-Brunswick.

Maison des RHSJ de Brantville, N.-B., 1986. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Entre 1979 et 1987, les Hospitalières subventionnent un Projet de justice sociale, dont les principaux objectifs sont d’informer les gens des programmes gouvernementaux existants et de les aider à se prendre en main. Un travailleur social est embauché comme coordonnateur du projet et fait ses preuves. Durant ces années, des familles reçoivent de l’aide pour se construire une maison convenable ou rénover celles qu’elles possèdent déjà. D’autres personnes reçoivent de l’aide pour remplir les formulaires de demandes de prêts, d’impôts ou de pensions de sécurité de vieillesse, entre autres. Le projet prend fin en décembre 1987. La fermeture de la Maison des Hospitalières de Brantville aura lieu le 29 avril 2005.