Canada

En 1659, les trois premières Hospitalières s’établissent à l’Hôtel-Dieu de Montréal, posant ainsi les bases d’une communauté en Amérique.

Les trois traversées des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph De la France à Ville-Marie

Première traversée, 1659‑1861

Le 20 octobre 1659, trois Hospitalières rejoignent Jeanne Mance à Ville-Marie pour collaborer à sa mission : fonder un hôpital. C’est ce que nous appelons la première traversée pour les Filles hospitalières de Saint-Joseph venues de La Flèche après avoir reçu la bénédiction de leur fondateur, Jérôme Le Royer de la Dauversière, instigateur du projet missionnaire en l’Île de Montréal.

Chapelle Saint-Joseph située dans la cour intérieure du Monastère RHSJ, Photo: Gilbert Langlois, 2020 - Service des archives de la Maison mère.

Deuxième traversée, 1861‑2019

Le déménagement de l’Hôtel-Dieu et du monastère au Mont Ste-Famille au pied du Mont-Royal. Le premier hôpital devient trop exigu, les progrès de la médecine nécessitent de nouveaux développements. C’est en 1861 que le déménagement aura lieu. Les 69 sœurs quittent leur monastère, en emportant avec elles les restes vénérés de Jeanne Mance, des frères Basset et des 178 sœurs décédées à l’Hôtel-Dieu de la rue St-Paul. Des pierres de la chapelle et du monastère serviront à la construction de la petite chapelle Saint-Joseph dans une cour intérieure, en reconnaissance.

Troisième traversée, 2019

Le temps est venu de larguer les amarres et de jeter l’ancre dans un nouveau lieu : la Maison des Hospitalières de Saint-Joseph. La maison est adaptée et répond davantage aux besoins des religieuses âgées. Ce changement important ne diminue en rien notre engagement comme Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.

Aujourd’hui notre mission s’énonce ainsi :

« Nous, Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, sommes appelées à être présentes aux multiples visages de notre monde, au cœur de la Cité-des-Hospitalières, en femmes de foi, libres pour aimer et servir. »

L’Hôtel-Dieu de Montréal 1642-1996

En France, 1640-1641, Jérôme Le Royer prépare l’établissement d’une œuvre de colonisation et d’évangélisation dans l’île de Montréal. Il choisit Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, comme gouverneur de la future Ville-Marie et Jeanne Mance comme intendante. Selon les vœux de Madame de Bullion, sa bienfaitrice, elle fondera un hôpital : l’Hôtel-Dieu.

Plan partiel de l'enclos de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1645-1695. Plomb sur papier. Aristide Beaugrand-Champagne, architecte. 1942. Crédit photo : Gilbert Langlois. Source : Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph de Montréal – Archives Maison mère (CH2/B.1-9003).

Hôtel-Dieu de Saint-Joseph, premier hôpital de Montréal ‑ 1644

Arrivée des trois premières Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph à Ville-Marie en 1659. Illustration de Francis Back réalisée en 2009.

Le 20 octobre 1659, les Filles hospitalières de Saint-Joseph : Judith Moreau de Brésoles, Catherine Macé et Marie Maillet arrivent à Ville-Marie. Elles y fondent la première communauté religieuse féminine de Montréal. Avec Jeanne Mance, elles commencent une longue tradition de collaboration laïcs-religieuses.

À la mort de Jeanne Mance, le 18 juin 1673, l’administration de l’hôpital est confiée aux Sulpiciens, Seigneurs de l’île de Montréal, puis transférée, en 1676, aux Hospitalières. L’Hôtel-Dieu, agrandi et reconstruit après trois incendies majeurs, sera le seul hôpital de Montréal jusqu’en 1822. En 1850, l’Hôtel-Dieu accueille des étudiants en médecine.

Vue aérienne de l'ensemble conventuel des RHSJ et de l'Hôtel-Dieu de Montréal. Photo: AIRCAM, 30 mai 2011.

En 1861, l’hôpital de la rue Saint-Paul est démoli et un nouvel hôpital s’élève sur le mont Sainte-Famille à l’angle de la rue Saint-Urbain et de l’avenue des Pins. D’une capacité de 210 lits, il accueille les malades, les vieillards, les orphelins et les orphelines. Pour répondre aux besoins des malades et à l’évolution de la médecine, des ajouts au bâtiment sont construits de 1886 à 1926, puis les pavillons Le Royer en 1942, Jeanne-Mance en 1950 et de Bullion en 1953.

En 1964, à la demande des RHSJ de Montréal, l’hôpital est constitué en corporation sous le nom « Hôtel-Dieu de Montréal ». Des RHSJ seront présentes au sein du Conseil d’administration jusqu’en 1996. En 1973, sœur Thérèse Trottier, dernière directrice de l’Hôtel-Dieu, quitte définitivement la fonction d’administratrice. Un directeur laïc, monsieur Yves André, est nommé.

En 1996, l’Hôtel-Dieu devient un Pavillon du CHUM (Centre hospitalier universitaire de Montréal). Cette même année, la résidence Marie-de-la-Ferre, construite en 1964 pour les sœurs de l’hôpital qui habitaient la Maison mère depuis 1952, est vendue à l’Hôtel-Dieu.

Pour en savoir plus.

L’Hôpital Saint-Patrice, Montréal, Québec 1852‑1860

À la demande de monseigneur Ignace Bourget, évêque de Montréal, les Hospitalières décident, le 26 avril 1852, d’acheter l’édifice Collège Baptiste et de le transformer en hôpital pour soigner les Irlandais catholiques qui souffraient de discrimination sectaire.

Situé rue Guy, dans l’ouest de la ville, il peut recevoir une soixantaine de malades. Sœur Catherine Lacroix, supérieure, et cinq compagnes quittent l’Hôtel-Dieu le 21 juin 1852 pour cette fondation.

Des difficultés administratives, le rôle du Comité de régie formé de prêtres irlandais et l’abandon de leur soutien financier incitent les Hospitalières à quitter l’hôpital Saint-Patrice en 1860 et à le vendre à la congrégation de Notre-Dame. Les malades irlandais occuperont les salles Saint-Patrice et Sainte-Brigitte dans le nouvel Hôtel-Dieu de l’avenue des Pins (1861). Quant aux sœurs, elles ne formeront qu’une communauté à l’Hôtel-Dieu.

St. Mary’s Hospital, Montréal, Québec 1924‑1930

Depuis 1908, sœur Helen Morrissey, issue d’une famille irlandaise, pharmacienne à l’Hôtel-Dieu de Montréal, songe à fonder un hôpital pour soigner les malades de langue anglaise. En 1924, avec la permission de monseigneur Georges Gauthier, archevêque de Montréal, de sa supérieure, mère Le Royer, et l’appui de généreux donateurs, elle quitte l’Hôtel-Dieu pour fonder le St. Mary’s Hospital (50 lits) dans la résidence de Sir Thomas Shaughnessy. Elle fait appel aux sœurs de l’Hôtel-Dieu de Cornwall, de Kingston et de Chicago pour la seconder dans l’œuvre hospitalière. La communauté accueille des novices. Une école pour la formation d’infirmières est ouverte. En 1930, suite à des difficultés administratives, sœur Morrissey revient à l’Hôtel-Dieu. L’hôpital est confié à une autre communauté.

Maison provinciale Ville-Marie, Montréal, Québec 1953‑1999

Sœur Germaine Lafond, nommée supérieure provinciale en 1953, et deux conseillères quittent la Maison mère en 1956 pour une demeure provisoire sur le chemin de la Côte Sainte-Catherine. En 1958, le conseil provincial s’installe dans une maison nouvellement construite sur la même rue, au 2450.

La supérieure provinciale, un membre de son conseil ou une sœur assume, au cours des ans, la responsabilité de la communauté. En 1970, un sous-groupe se forme composé d’étudiantes et de missionnaires en congé. Sœur Marguerite Mercier est animatrice du groupe jusqu’en 1974. Des sœurs de ce groupe iront former une communauté à la résidence Marie-Morin. Depuis son ouverture, la maison provinciale a accueilli des sœurs étudiantes de la congrégation et de différentes congrégations. La communauté se définit comme une communauté de soutien au conseil provincial et une communauté d’accueil.

En 1999, l’administration générale quitte l’avenue Canterbury et s’installe dans la maison provinciale du chemin de la Côte-Sainte-Catherine. Dans le processus de relocalisation, les sœurs de la communauté de la maison provinciale iront habiter la résidence de l’avenue Canterbury et la maison provinciale deviendra la maison générale.

En 2007, l’administration générale est relocalisée à la Maison mère et la maison générale est vendue à l’Institut Notre-Dame-du-Bon-Conseil de Montréal.

Résidence Marie-Morin, Montréal, Québec 1974‑2007

La bâtisse, près de la maison mère construite en 1861, appelée aujourd’hui « Résidence Marie-Morin », a servi de maison pour le personnel jusqu’en 1962 et portait le nom de « maison des hommes ». Rénovée, elle servit de classe (annexe à l’École Lafond) et de logement à des étudiantes durant quatre ans, puis d’hébergement pour étudiantes et travailleuses jusqu’en 1974.

En 1974, la maison subit une nouvelle transformation pour accueillir six Hospitalières de la province Ville-Marie qui expérimentent une forme de vie communautaire en fraternité. D’autres petits groupes suivront avec comme objectif de favoriser l’accueil de jeunes étudiantes en cheminement chrétien et vocationnel.

En 1990, sœur Cécile Gagné travaille comme animatrice au Centre vocationnel (aujourd’hui Carrefour intervocationnel). De 1991 à 2008, elle assume la direction générale de ce centre, dont l’objectif est d’accompagner tout jeune dans la recherche de sa vocation. Les étudiantes demeurant à la résidence Marie-Morin sont invitées à participer aux activités du Centre. De 2007 à 2009, la résidence accueille des sœurs en visite à Montréal. Elle a ensuite été occupée par des étudiantes de l’IFHIM. La propriété a été vendue en 2017.

Résidence Saint-Urbain, Montréal, Québec 1980‑1993

À l’été 1978, avec le projet de rénovation des propriétés des Hospitalières de Saint-Joseph sur la rue Saint-Urbain, naissait la possibilité d’une communauté avec une préoccupation de seconde évangélisation. À la suite d’échanges, une coopérative d’habitation dont les Hospitalières sont propriétaires prend forme et trois sœurs s’installent dans un logement en 1980. Sœur Éliane Pépin est supérieure de cette communauté.

La coopérative a pour but de promouvoir la justice sociale en favorisant l’entraide, la prise en charge et la solidarité et vise à offrir à des personnes à faibles revenus un logement à prix modique. Les sœurs font partie de la coopérative jusqu’en 1993, date à laquelle celle-ci est vendue à ses membres qui poursuivent les mêmes objectifs.

Résidence Sainte-Famille, Montréal, Québec 1987‑1992

En 1985, sœur Gemma Pednault assure la direction générale à la Maison des Amis du Plateau Mont-Royal Inc., un lieu où des personnes en difficulté sont accueillies et assistées. Cette maison est une initiative et une œuvre de la paroisse de l’Immaculée-Conception, dont Pierre Côté, s.j., est le curé. Six jours par semaine, l’après-midi, la Maison reçoit soixante, quatre-vingt-dix jusqu’à cent vingt hommes et femmes, esseulés, chambreurs, itinérants, assistés sociaux, toxicomanes, ex-psychiatrisés. C’est un lieu d’appartenance pour les exclus de la société. La Maison est en lien avec les services communautaires du quartier.

Sœur Pednault favorise la formation et l’insertion des assistés sociaux en milieu de travail par des programmes tels : personnel de cuisine, entretien ménager, secrétariat, friperie, magasin général et animation sociale. La friperie et le magasin général aident à l’autofinancement de l’œuvre. Bénévoles et donateurs, dont la congrégation, soutiennent la « Maison des Amis ».

En 1987 et à la demande de sœur Pednault, une communauté composée de trois hospitalières avec sœur Thérèse Robert comme supérieure, s’insère dans le quartier. Cette communauté est dissoute en 1992. À la fin de l’année 1999, sœur Pednault passe le flambeau du service à son assistant qui a une formation de criminologue, mais elle demeure active à la corporation.

Résidence Jérôme-Le-Royer, Montréal, Québec 2010‑2022

Le 19 juin 1997, les chroniques de la communauté de l’avenue Canterbury débutent. Le 23 mars 2010, la communauté déménage sur la rue Fendall et prend alors le nom de Communauté de la Résidence Jérôme-Le-Royer. La dernière réunion communautaire a lieu le 20 février 2022.

Les sœurs étaient engagées dans différents secteurs : service communautaire, paroisse, accompagnement spirituel, pastorale de la santé à domicile et au Centre Pèlerin.

Hôtel-Dieu Saint-Joseph (carte postale). Photographe inconnu, 1908 - Service des archives de l'Administration générale des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.

Hôtel-Dieu Saint-Joseph, Arthabaska, Québec 1884‑1998

L’incorporation de l’Hôtel-Dieu de Saint-Joseph d’Arthabaska est obtenue le 4 mai 1885, mais ce n’est qu’en 1906 que la construction d’un édifice ayant statut d’hôpital d’une capacité de 120 lits, est entreprise. L’ouverture officielle a lieu en juin 1908.

Des agrandissements successifs porteront à 190 le nombre de lits vers 1930. Une nouvelle aile construite en 1923 abrite une centaine d’enfants jusqu’à 1943, année de leur transfert à l’orphelinat diocésain de Nicolet.

En 1953, les RHSJ ouvrent une école d’infirmières où 555 diplômes seront décernés jusqu’en 1972, année du transfert de l’école au Collège d’enseignement général et professionnel (CEGEP) de Victoriaville.

En 1960, la capacité en lits de l’Hôtel-Dieu ne pouvant suffire à la demande croissante et de plus en plus spécialisée, un nouvel hôpital de 300 lits est construit sur le site de l’ancien établissement. En 1998, la congrégation des RHSJ cède l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska au gouvernement provincial.

Ermitage Saint-Joseph. - Photographe inconnu, 1952 - Service des archives de l'Administration générale des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.

Ermitage Saint-Joseph, Victoriaville, Québec 1952‑1977

En mai 1951, les RHSJ acquièrent du gouvernement provincial l’immeuble de l’ancien collège des Frères du Sacré-Cœur de Victoriaville, conformément à un arrêt ministériel qui en décrète la vente pour un dollar 
(1,00 $). Les travaux de réfection de l’édifice sont terminés au début de décembre 1952, et les 85 personnes âgées de l’Hôtel-Dieu, logées depuis 1943 dans l’ancien orphelinat, trouvent une demeure permanente à l’Ermitage Saint-Joseph. Douze sœurs d’Arthabaska les y accompagnent; elles assurent la gestion de cette œuvre jusqu’en 1977, année où l’Ermitage est cédé au gouvernement provincial.

Résidence d’Arthabaska, Victoriaville, Québec 1993‑2014

De puis 1984, la mission de la Résidence d’Arthabaska s’inscrit dans la tradition des RHSJ au service de la population des Bois-Francs par le soin des personnes âgées et des malades. Un programme d’Accès-Logis permet de partager avec les personnes moins bien nanties, en appliquant à un certain nombre d’unités, le supplément au loyer offert par le gouvernement provincial. La Résidence d’Arthabaska cesse ses activités en 2014.

Hôtel-Dieu de Sorel, Québec, 1979. Source : Les Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du Nouveau-Brunswick.

Hôtel-Dieu de Sorel, Québec 1944‑1998

Une première demande de la population de Sorel qui souhaitait se doter d’un hôpital moderne est adressée aux Sœurs Grises qui ne peuvent accepter. Suivant le conseil de Mgr Douville, les promoteurs sorelois frappent à la porte des RHSJ de Montréal et d’Arthabaska, où ils essuient un double refus. Mandaté par les promoteurs de l’hôpital et tenant compte de l’avis de Mgr LeBlanc, évêque de Bathurst, M. Ludger Simard s’adresse à l’Hôtel-Dieu de Campbellton.

Après l’étude des plans, les sœurs Berthe Arseneau et Léa Audet qui sont intéressées à ce projet, acceptent la fondation d’un hôpital à Sorel. Sœur Léa Audet en sera la première administratrice. La bénédiction du terrain, don des Pères Franciscains, a lieu le 6 novembre 1944, et les travaux de construction sont complétés en 1948.

En 1954, une école d’auxiliaires en soins infirmiers est fondée à l’Hôtel-Dieu de Sorel, école qui sera remplacée par une école d’infirmières de 1967 à 1972. La dernière hospitalière, sœur Simone Cournoyer, quittera l’hôpital en juin 1998. L’Hôtel-Dieu de Sorel passe au gouvernement et devient un Centre de santé et de services sociaux, en 2008.

Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme. - Associated Screen News Ltd. Montréal, 1951 - Service des archives de l'Administration générale des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.

Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme, Québec 1947‑1976

En 1947, les RHSJ de l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska acceptent d’ouvrir un hôpital à Saint-Jérôme, au Québec. Les premiers patients sont admis en 1950. En 1958, une école d’infirmières est créée. En janvier 1969, monsieur Gaétan Bellemare devient le premier directeur général laïc de l’Hôtel-Dieu. En 1976, les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph quittent Saint-Jérôme. Jusqu’en 2002, deux hospitalières seront membres du conseil d’administration.

Fondatrices de l'Hôtel-Dieu de Hauterive. Photographe inconnu, 1950 - Service des archives de l'Administration générale des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.

Hôtel-Dieu de Hauterive, Québec 1950‑1972

Au printemps de 1947, Mgr Napoléon-Alexandre Labrie, eudiste et évêque du Golfe Saint-Laurent, se rend à l’Hôtel-Dieu de Montréal solliciter l’aide de cinq ou six religieuses pour diriger un hôpital projeté à Baie-Comeau sur la Côte-Nord.

L’ouverture officielle de l’Hôtel-Dieu, installé provisoirement à l’évêché, a lieu le 2 février 1951. Les sœurs y restent plus de quatre ans. La construction de l’Hôtel-Dieu commence au mois de septembre 1953. Le 26 août 1955, les sœurs entrent dans leur nouvel hôpital. L’École de garde-malades auxiliaires de l’Hôtel-Dieu de Hauterive offre des cours de mars 1959 à juin 1972. En 1972, l’hôpital est cédé au gouvernement provincial. Quatre ans plus tard, il n’y a plus de sœurs hospitalières à l’hôpital, cependant plusieurs sont engagées dans de nouveaux services.

Point de Rencontre, Baie-Comeau 1975‑2025+

Point de Rencontre est un centre d’hébergement et de réadaptation pour alcooliques et toxicomanes. Cette maison est née d’un appel au cœur de sœur Yvonne de la Mirande qui met sur pied la ligne d’écoute S.O.S. Amitié et le centre d’entraide et de dépannage Manicouagan. Ce centre d’accueil à toute détresse voit une majorité d’hommes suicidaires, alcooliques, toxicomanes frapper à sa porte. En 1979, il déménage dans une toute nouvelle maison construite expressément pour ces hommes.

De 2005 à 2017, il n’y a plus de sœurs hospitalières sur place. Puis, après quelques années d’absence sur la Côte-Nord, sœur Claire Gaudreault s’engage à nouveau au sein de l’organisme.

Centre de l’Amitié Nazareth, Baie-Comeau, 1983‑2004

En 1983, sœur Françoise Turcotte fonde le Centre de l’Amitié Nazareth, une résidence qui accueille spécialement des personnes ayant un handicap physique ou intellectuel. Le Centre se veut une communauté de foi et d’espérance où se vit l’esprit de famille comme dans la Sainte Famille de Nazareth.  La caractéristique essentielle du Centre est que le pauvre est au cœur de la communauté dans des relations d’amour, de confiance, de simplicité et de partage. Sœur Françoise quitte le Centre en 2004 non sans avoir pris soin de préparer la relève.

La Vallée des Roseaux, Baie-Comeau, 1988‑1994

Le projet d’ouvrir une maison de soins palliatifs est lancé en 1982 par des laïcs diplômés du cours «Approche aux mourants» donné par sœur Odette Lavallée qui s’unit sans hésiter au groupe. Un conseil d’administration est formé et, malgré des ressources financières toujours restreintes, une maison de 22 pièces est achetée et aménagée pour recevoir sept malades à la fois. La Vallée des Roseaux ouvre ses portes en mai 1988.

En 1994, sœur Odette laisse la direction de Vallée des Roseaux à une autre personne, afin de consacrer son temps à l’ouverture d’un centre de formation en soins palliatifs. Au début de 2003, environ 650 malades avaient séjourné à Vallée des Roseaux : familles et amis y ont été accompagnés dans le deuil par les soignants.

Résidence Saint-Joseph, Hauterive/Baie-Comeau 1992‑2003

Après 20 ans de service à Point de Rencontre, sœur Yvonne de la Mirande constate qu’un certain nombre de personnes suicidaires, alcooliques et toxicomanes ayant fait plusieurs stages de réhabilitation n’arrivent pas à reprendre pied dans la vie. Afin de leur venir en aide, sœur Yvonne forme une nouvelle corporation qui achète, en janvier 1992, le terrain et l’ancienne école des Buissons que l’on rénove, aménage et renomme Résidence Saint-Joseph. En 2003, le départ de sœur de la Mirande pour cause de maladie entraîne la fermeture de la Résidence Saint-Joseph.

Maison à Natashquan. Photographe RHSJ. Service des archives de l'Administration générale des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.

Dispensaire de Natasquan 1974‑1976

L’Hôtel-Dieu de Hauterive doit assurer les soins jusqu’à Natashquan, à près de 1,600 km plus au nord. Sœur Madeleine St-Michel, alors directrice des soins infirmiers à l’hôpital de Hauterive, et sœur Léona Landry prennent en charge le dispensaire de Natashquan en septembre 1974. Elles sont au service d’une population d’environ 1,500 personnes réparties dans quatre localités dont une réserve autochtone. À l’époque, la route finit à Sept-Îles. Les seuls moyens de transport sont l’avion quand il fait beau et le bateau une fois par semaine. En l’absence de médecin, les sœurs voient à tous les problèmes de santé et font de la médecine préventive dans les villages et les écoles. Elles escortent les grands malades et les accidentés par avion vers les plus grands centres de traitement. Elles s’occupent aussi des célébrations liturgiques en paroisse. La congrégation se retire de cette mission en 1976.

Ce que nous contemplons de la fenêtre de la cuisine [Port-Cartier] Photographe RHSJ, 1986 - Service des archives de l'Administration générale des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.

Soins des malades et services sociaux 1974‑1995

Monseigneur Gérard Couturier, évêque du diocèse, désire une présence religieuse dans cette région où deux usines attirent des travailleurs d’un peu partout. Les sœurs acceptent d’y aller pour le soin des malades, les services sociaux, la visite des malades, l’enseignement aux adultes et le bénévolat, avec les Sœurs du Bon-Pasteur. Elles participent aux activités paroissiales, les comités du Bien-être et du Sentier de la Foi, dont sœur Pauline Maillé a été responsable.

Pendant plusieurs années, le groupe comptait quatre sœurs, mais leur nombre diminua graduellement. Avec l’arrivée des Sœurs du Bon-Conseil de Chicoutimi, la présence des deux sœurs hospitalières encore à Port-Cartier est moins nécessaire. Sœurs Huguette Laramée et Denise Lefebvre ferment la maison le l8 novembre 1995 et reviennent à Montréal.

Photo de la rivière Dufresne à Notre-Dame-de-la-Merci dans le village près de l’église. « La Petite Mission » Photographe RHSJ, 1998. - Service des archives de l'Administration générale des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.

Aide aux malades et démunis 1996‑2020

En 1995, une dame signale aux Hospitalières de Saint-Joseph la pauvreté et l’isolement des gens de la paroisse de Notre-Dame-de-la-Merci. Elle souhaite que des sœurs y fondent une mission pour secourir les pauvres, les malades et les plus démunis. Elle est secondée par le curé de la paroisse, l’abbé Claude Sauvageau. Avec l’autorisation des autorités civiles ainsi que l’approbation de la Congrégation et de monseigneur Gilles Lussier, évêque de Joliette, deux hospitalières arrivent dans la paroisse en septembre 1996. Une autre sœur se joint à elles en 1997. Les membres de la communauté font la visite de gens à domicile et de personnes âgées au foyer de Saint-Donat ainsi que l’accompagnement de malades et des personnes laïques associées. Les sœurs participent aussi à la vie liturgique de la paroisse.

La communauté de Notre-Dame-de-la-Merci ferme à l’automne 2020, après le départ des deux dernières sœurs pour la Maison des Hospitalières à Montréal.