Amérique Latine

L'histoire débute au Pérou. À la demande de Mgr Damase Laberge, préfet apostolique de la mission Saint-Joseph de l’Amazonie au Pérou, les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph de Bathurst acceptent en 1948 d’envoyer des religieuses au Pérou pour soigner les lépreux de San Pablo, un village du département de Loreto, sur l’Amazone.

Carte géographique de la préfecture du fleuve Amazone et de ses affluents au Pérou, 1945. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Zones géographiques du Pérou

Après un court séjour à Lima, les sœurs se rendent dans la selva (jungle) à San Pablo prendre en charge la léproserie, en 1948. Deux sœurs travailleront à la Cuna maternal, une garderie d’Iquitos, de 1953 à 1955. L’ouverture d’une communauté au Hogar de la Madre à Lima en 1951 servira aussi de pied-à-terre pour les sœurs de passage.

Les Hospitalières de St-Joseph accepteront d’aller s’engager là où leurs services seront requis. Elles iront œuvrer dans les trois zones géographiques du Pérou :

  • dans la selva (jungle), à San Pablo, Iquitos, Indiana et Punchana dans le département de Loreto;
  • dans la sierra (montagne), à Huaraz et Curhuas dans le département d’Ancash
  • et à la costa (côte), dans divers districts de Lima :
    le Hogar de la Madre dans le district de Miraflores;
    l’Hôpital Seguro Social del Empleado dans Jesús Maria;
    Pueblos Jovenes, montagne du Siete de Octubre dans El Agustino;
    Communauté RHSJ à Valdiviezo dans Ate;
    et communauté à San Carlos dans San Luis.

Il y aura aussi à Lima, un Conseil et une Maison régionale pour les sœurs du Pérou situés successivement à San Isidro, Monterrico, San Antonio, puis à Santa Catalina, La Victoria. Le Noviciat ou Maison Marie-de-la-Ferre se situe à Santa Anita.

En 2019, il restait six religieuses péruviennes à Lima réparties dans deux résidences : la Maison régionale de Santa Catalina et la maison de formation Marie-de-la-Ferre à Santa Anita. Les communautés et les œuvres des Religieuses Hospitalières de St-Joseph au Pérou ont relevé du Conseil provincial Notre-Dame-de-l’Assomption de Bathurst, au Nouveau-Brunswick, des débuts jusqu’en 2000. Par la suite, les maisons et les religieuses du Pérou seront rattachées au Conseil général dont le siège social est à Montréal.

Un prêtre, quelques sœurs hospitalières et des lépreux dans la zone II de la léproserie de San Pablo, 1950. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Léproserie de San Pablo, 1948‑2024

Le village de San Pablo est un lieu très chaud et humide à 350 km d’Iquitos, la plus importante ville de l’Amazone. Le Pérou a acquis le village de San Pablo en 1926 pour en faire une léproserie. Les malades qui avaient la lèpre (maladie de Hansen) étaient séparés de leur famille et amenés souvent de force pour vivre en réclusion.

En 1940, un médecin polonais, le Dr Maximo Kuczynski Godard, commence par faire enlever les fils barbelés. Il fait nommer un nouvel administrateur et s’occupe de la santé des malades. Avec son entourage, il réussit à donner le goût de travailler aux personnes capables de cultiver la terre, de se construire des maisons ou d’accomplir d’autres tâches essentielles selon leurs forces. Au bout de deux ans, le Dr Godard dut quitter et il fut remplacé par un médecin qui changea tout et refusa même de donner des médicaments.

En 1942, un groupe de lépreux de Lima arrive avec le Père Agustin Gotardi. Il fit construire une chapelle et ouvrit une classe pour les enfants. Ce fut la première école de San Pablo. En 1944, des clubs sociaux et sportifs et des associations furent mis sur pied. Socialement, il se créa des groupes en opposition. L’administrateur et le médecin tentaient de garder la paix.

Maisons des sœurs hospitalières dans la zone saine de San Pablo, 1948. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Pour donner suite à la demande de Mgr Damase Laberge, préfet apostolique de la mission Saint-Joseph de l’Amazonie, les sœurs Éva Albert (Saint-Albert) et Imelda Cyr (Santa Clara) arrivent au Pérou et demeurent à Lima quelque temps pour apprendre l’espagnol. En août 1948, le Ministre de la Santé signe un contrat confiant aux Religieuses Hospitalières de St-Joseph l’administration de la léproserie de San Pablo. De nombreuses difficultés existent entre les anciens responsables de la léproserie et le gouvernement.

Le 15 septembre 1948, les deux premières sœurs canadiennes arrivent à San Pablo, lieu accessible uniquement par bateau. Elles y trouvent une colonie composée de deux zones ou villages distincts : une zone contaminée (zone II), où 350 lépreux vivent dans un état de pauvreté et d’isolement. La léproserie est constituée d’un misérable hôpital pour les grands malades et d’une pauvre maison pour les invalides. La zone saine (zone I) située un peu plus bas sur l’Amazone est le lieu de résidence du personnel soignant et autres employés. Les sœurs y ont une maison assez spacieuse, car cinq autres hospitalières canadiennes arrivent en 1948 et 1949.

Préventorium, maison de la zone saine, où sont logés les enfants nés de parents lépreux, 1960. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

L’ordre de Malte et des associations Pro-Lazaros de Lima et d’Iquitos collaborent aux besoins matériels de la léproserie. Les soins et l’alimentation sont plus adéquats et un nouveau médicament la Diazone utilisé à partir de 1951 donne espoir de guérison. Les docteurs Federico Bresani, Ollarce, Saavedra, Montoya et d’autres se dévouent auprès des lépreux. On raconte qu’en 1952, Che Guevara, qui avait étudié la médecine avec le célèbre léprologue le Dr Hugo Pesce, fit un séjour de 49 jours à San Pablo.

La prévention contribue à enrayer la maladie. La situation des lépreux s’améliore. En 1955 quinze malades sont déclarés guéris. Les sœurs hospitalières parviennent à changer complètement l’aspect de la léproserie. Elles aménagent dans la zone 1, une grande maison ou Préventorium pour garder les enfants nés de parents lépreux. En 1955, les enfants de six ans sont envoyés à la Colonie infantile d’Indiana. En 1969, comme on ne craint plus la contagion et surtout parce que San Pablo a sa propre école, les enfants resteront avec leurs parents.

Sœur Reine Savoie et un ancien lépreux résidant de la Casa San José de San Pablo, 2006. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Malgré certaines difficultés administratives au début, les sœurs réussissent à améliorer la léproserie et en 1957, il y a 712 malades, car les lépreux hésitent moins à venir se faire soigner à San Pablo. Une grande maison ou hôpital pour invalides est construite pour accueillir les plus grands malades et faciliter les soins. Le père Léonce Panneton, franciscain canadien, fonde un groupe de partage biblique que continuera sœur Marie Bernard, l’une des premières missionnaires à demeurer en permanence dans la zone II de San Pablo.

Le village de San Pablo progresse avec son école, des commerces, ses jardins et autres industries. D’autres villages se créent le long de l’Amazone à peu de distance de San Pablo. Plus tard, le district de San Pablo comptera environ 70 villages. Dans les années 1960 et 1970, bon nombre de personnes venues de l’extérieur contribuent à l’évolution du milieu : missionnaires, religieuses, médecins, infirmières, enseignants et autres bénévoles, en particulier les franciscains canadiens, Jaime Lalonde, Donat Cournoyer, qui attrapa la lèpre, et Étienne Dubé, qui construisit des maisons avec et pour les lépreux. Sœur Émilie Caissie collabore à la fabrication de prothèses orthopédiques pour les lépreux. Des programmes de réhabilitation, d’agriculture, d’introduction de communications par radio-émetteur, du téléphone et autres technologies contribuent à la modernisation de San Pablo.

Très intelligent et en assez bonne santé, José Ulvio, un ancien lépreux, résident de la Casa San José, écrit une autobiographie qui sera publiée en espagnol, anglais et français. Il raconte qu’à son arrivée à San Pablo en 1939, les malades étaient emprisonnés dans un espace entouré d’une clôture de barbelées pour séparer les malades des autres. Il y avait alors huit maisons et une grande maison pour les grands malades. Ulvio reconnaît le progrès et les améliorations apportées à San Pablo par les sœurs hospitalières.

Casa San José, nouvelle maison ou foyer pour anciens lépreux, San Pablo, 2006.

Le 25e anniversaire de l’arrivée des Hospitalières à San Pablo est célébré en 1973. En 1998, de grandes fêtes sont organisées à San Pablo pour célébrer le 50e anniversaire de l’arrivée des Hospitalières au Pérou. En 2008, on célèbre le 60e anniversaire. San Pablo est un beau village prospère où vivent ensemble sans discrimination des gens en santé et d’anciens lépreux. Les sœurs ont dirigé la Casa San José, un foyer de soins pour anciens lépreux. Elles se sont aussi dévouées à l’hôpital de San Pablo et en paroisse, surtout auprès des jeunes. La communauté des sœurs hospitalières de San Pablo a fermé définitivement en 2018.

Vue d’ensemble des bâtiments du Hogar de la Madre, Miraflores, Lima, 1951. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Hogar de la Madre, Lima, 1951‑1971

Dès 1950, les Hospitalières de St-Joseph acceptent de prendre en charge l’administration interne du Hogar de la Madre, dans Miraflores à Lima. Cette clinique de maternité a été fondée par Rosalia de Lavalle de Morales Macedo en décembre 1926. Sur recommandation de Mgr Laberge de San Pablo à l’évêque titulaire de Lima, cinq sœurs arrivent au Hogar, le 4 mai 1951, pour prendre en charge l’administration de la Clinique et de la Salle-Foyer pour mamans pauvres. Les locaux réservés aux sœurs hospitalières du Hogar serviront aussi de pied-à-terre pour des sœurs qui voyagent entre le Canada et San Pablo.

Le Hogar de la Madre accueille des mamans de toutes les classes sociales : il y a 30 places à la clinique payante et 70 dans la deuxième clinique avec soins gratuits aux femmes pauvres et à leurs nouveau-nés. Ces mamans sont admises au Hogar deux semaines avant l’accouchement et y demeurent ensuite deux autres semaines. De plus, elles peuvent amener avec elles leurs enfants de moins de cinq ans.

Les sœurs se dévouent sans compter au Hogar de la Madre pendant 20 ans. En 1968, l’administration passe à un médecin directeur qui n’a pas les mêmes valeurs éthiques que les religieuses. Les dernières années sont plus difficiles et les sœurs préfèrent laisser la direction aux laïcs. À partir du 30 novembre 1970, quelques sœurs en résidence à la maison régionale continuent de travailler au Hogar. La communauté sera officiellement fermée le 2 mars 1971.

Avec le temps, le Hogar a évolué. En 2024, la Clinica Hogar de la Madre, se définit toujours comme « une institution spécialisée dans les soins maternels et infantiles. »

Maison régionale des Hospitalières de St-Joseph à Monterrico, 1964. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Maison Régionale, Lima, 1960‑2025+

En 1948, les Religieuses Hospitalières de St-Joseph du Nouveau-Brunswick acceptent d’envoyer des sœurs soigner les lépreux de San Pablo en Amazonie péruvienne. Le 27 mai 1951, sœur St-Albert (Éva Albert) est nommée supérieure régionale déléguée avec une conseillère à Lima et une autre à San Pablo. À partir de 1953, la région du Pérou relèvera du Conseil de la province de Notre-Dame-de-l’Assomption, avec siège social à Bathurst.

En 1960, sœur Ste-Marguerite-Marie (Marguerite Daigle) la remplace comme supérieure régionale. La congrégation décide d’établir une Maison régionale à Lima, afin de faciliter l’administration de la région péruvienne, de promouvoir l’unité et une meilleure intégration des sœurs au pays. La Maison régionale servira de logements pour les sœurs aux études et comme pied-à-terre pour les sœurs de passage à Lima en route vers la selva ou la sierra. Au début, on y recevait aussi des jeunes filles intéressées à la vie religieuse. La Maison régionale changera d’adresse quatre fois : après avoir été successivement à San Isidro, Monterrico et San Antonio, elle sera établie définitivement à Santa Catalina.

Maison régionale des Hospitalières de St-Joseph à Santa Catalina, 1973. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Du 1er novembre 1960 au 20 février 1963, la première Maison régionale était située, rue Las Flores, San Isidro, Lima. Un projet de construction d’une plus grande maison qui servira aussi de noviciat s’élabore et les sœurs achètent un premier terrain à la Rinconada, Alta en 1962. Comme ce terrain ne convient pas, il sera vendu en 1964. La nouvelle maison régionale sera construite à Monterrico, Lima. Les Religieuses Hospitalières y habiteront du 26 novembre 1963 au 5 avril 1972. La collectivité de Monterrico l’achète alors pour en faire un collège pour garçons, le Colegio San José.

La Maison régionale et le Conseil régional déménagent ensuite à San Antonio, Lima, et y demeurent jusqu’au 10 mai 1974. On achète alors une maison au 148, rue Juan José Mostajo de l’urbanisation Santa Catalina, La Victoria. On fera épisodiquement des agrandissements et des rénovations à la propriété pour mieux accommoder les sœurs et répondre aux besoins de la région du Pérou. Cette maison, qui fait partie de la paroisse de San Juan Macias, est toujours ouverte en 2025 et quelques sœurs y habitent. La communauté est aussi un lieu d’accueil pour les personnes associées.

Jusqu’en 2000, la région du Pérou a relevé de la province de Notre-Dame-de-l’Assomption avec la maison provinciale à Bathurst au Nouveau-Brunswick. En 2000, les provinces religieuses de la congrégation des Religieuses Hospitalières de St-Joseph sont abolies. Par conséquent, le Conseil régional du Pérou est aboli et les communautés et œuvres du Pérou s’intègrent à la région administrative de l’Amérique latine et relèvent du Conseil général des RHSJ, dont le siège social est à Montréal, au Québec.

Carte postale de l’Hôpital del Empleado, district de Jesús Maria, Lima, 1964. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Hôpital Del Empleado, Lima, 1961‑1968

L’Hôpital Seguro social del Empleado du district Jesús Maria de Lima est un hôpital de 14 étages avec plus de 1000 lits, officiellement inauguré par l’État péruvien en 1958. Espérant avoir des religieuses comme conseillères et directrices de certains services de l’hôpital, le docteur Guillermo Kealin, directeur, fait des démarches auprès du Nonce apostolique du Pérou en 1960. L’un des buts est d’assurer une « présence d’Église », expression plutôt vague qui conduira finalement au départ des religieuses. La Congrégation des Hospitalières de St-Joseph accepte la requête du Nonce et le défi peu ordinaire que pose leur implantation dans cet immense hôpital.

L’administration de l’hôpital met des locaux à la disposition des quatre sœurs hospitalières qui se présentent le 8 novembre 1961. On leur confie un rôle de conseillères au surintendant de l’hôpital pour les soins infirmiers, les services de médecine et de chirurgie, d’obstétrique et, enfin, de la buanderie, où sœur Rita Laforest réussit à bien s’intégrer. Les sœurs rencontrent des difficultés et de l’opposition de la part des infirmières, mais elles sont acceptées par l’ensemble du personnel, des médecins et du directeur de l’hôpital.

Le contrat avec l’hôpital se termine en 1965 et n’est pas renouvelé. Le 31 août 1968, après consultation auprès des personnes concernées, le Conseil provincial de Notre-Dame-de-l’Assomption prend la décision de fermer la communauté. Les sœurs quittent l’Empleado pour s’orienter vers des secteurs plus démunis.

Sœur Julia Ruiz visite une maman avec ses trois enfants dans sa maison aux murs en bois et en bambou dans le secteur du 7 de Octubre, Valdiviezo, 1981. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Siete de Octubre et Valdiviezo, Lima, 1971‑2000

Fidèles à leur charisme de « tendresse et de compassion », les sœurs hospitalières répondent à l’appel de l’Église péruvienne qui, depuis les rencontres de Medellin et de Puebla, a choisi l’option préférentielle pour les pauvres. En mai 1971, les sœurs Corinne Marquis et Éliza Ynga s’engagent auprès des malades des bidonvilles de Lima. Elles travaillent d’abord au Centre médical du Cerro San Pedro, puis en mai 1972, elles louent une maison à Valdiviezo au pied de la montagne du Siete de Octubre, qui devient alors leur champ d’apostolat privilégié.

Sœur Cirila se dirige vers l’entrée de la montagne du 7 de Octubre à Valdiviezo, 1984. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

L’ouverture d’une autre communauté des sœurs hospitalières dans le secteur de la montagne qui s’effectue le 22 avril 1973 a comme but de faire de l’apostolat dans le milieu et de recevoir des jeunes filles qui aspirent à la vie religieuse. Cependant cette expérience de vie à l’intérieur du 7 de Octubre ne durera que dix mois, étant donné les difficultés d’adaptation aux conditions de vie et aux problèmes de santé qui surgissent. Tout en continuant de travailler dans la montagne, les sœurs se joignent à la communauté de la maison de Valdiviezo, située dans la rue Los Lirios, tout près de l’entrée de la montagne du 7 de Octubre. Un centre de santé infantile est ouvert en 1976 dans un local à Valdiviezo.

L’aide des Hospitalières est requis pour plusieurs tâches apostoliques dans la montagne, entre autres, la médecine préventive et la promotion de la femme par le biais de Clubs des Madres de familia dans les différentes zones. La pauvreté empêche le plein développement des enfants d’âge préscolaire. Les sœurs appuient les femmes qui obtiennent l’autorisation de construire et d’organiser une Garderie de jour. Le Jardin d’enfance San José qui ouvre en 1985 est aussi une œuvre de sœur Marie Jean. Pour venir en aide aux familles, on organise des réfectoires populaires.

Groupe de femmes travaillant au Centre d’artisanat du 7 de Octubre, dans les années 1970. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Les sœurs infirmières font des visites à domicile et le dépistage de la tuberculose. Les malades sont isolés et soignés dans le sous-sol de l’église de la Vierge du Rosaire, que les Religieuses Hospitalières ont fait construire à l’entrée de la montagne en 1978.

En lien avec la paroisse, les sœurs s’occupent de pastorale, de catéchèse familiale et de formation d’animateurs. Elles font la promotion de la famille et de l’éducation sous toutes ses formes. Tout près de l’église, une bibliothèque a été mise sur pied pour l’aide aux devoirs.

Maison des sœurs à Valdiviezo, au pied de la montagne du Siete de Octubre, 1997. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

On inaugure aussi le Centre d’artisanat du 7 de Octubre, qui offre des ateliers de production et de couture. La contribution de sœur Georgette Carrier dans ce domaine est remarquable. Son intervention a donné du fruit au niveau de la solidarité et de la collaboration des femmes qui s’impliquent dans leur réalité. Même après le départ des sœurs de Valdiviezo, sœur Georgette continuera de collaborer avec le Centre, en particulier lors de la réception d’importants dons comme des caisses de vêtements pour enfants provenant surtout de bienfaiteurs acadiens.

Au cours des années, des centaines de personnes surtout des femmes ont eu la possibilité de se prendre en charge et de pourvoir à leurs besoins. Après presque trente années de travail dans le secteur du Siete de Octubre, la communauté des sœurs hospitalières de Valdiviezo ferme définitivement en 2000 et la maison est vendue à une communauté de prêtres.

Le noviciat se situe dans une aile de la Maison régionale de Monterrico, 1966. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Maison de formation Marie-de-La-Ferre, Lima, 1988‑2024

D’après l’album Service se continuant dans l’histoire sur le Pérou, les étapes historiques de la formation des jeunes sœurs s’échelonnent à partir de 1953. En 1951, les Hospitalières de St-Joseph ont deux lieux de résidence au Pérou : San Pablo en Amazonie où les sœurs sont arrivées en 1948 et le Hogar de la Madre à Lima, dont les sœurs ont l’administration depuis mai 1951. On y admet des jeunes filles intéressées à la vie religieuse, et les aspirantes font un stage à San Pablo. Entre 1954 et 1959, le postulat et le noviciat se font à la Maison provinciale NDA, Vallée-Lourdes, Nouveau-Brunswick, Canada. En 1958, le postulat est à San Pablo. En 1960, le noviciat est à Indiana, puis il est transféré en 1961 à la Maison régionale de la rue Las Flores, à San Isidro, Lima.

Maison de formation Marie-de-la-Ferre, Santa Anita, Lima, 2024.

On fait construire une Maison régionale à Monterrico en 1963, et les jeunes en formation y sont regroupées jusqu’en 1972. Cette maison sera vendue le 5 avril 1972 et l’administration régionale est relocalisée à San Antonio, Lima, jusqu’au 10 mai 1974. Ensuite, la Maison régionale sera définitivement située au 148 rue Juan José Mostajo, urbanisation Santa Catalina, La Victoria, où elle est toujours en 2025.

Le noviciat est transféré de Monterrico à Valdiviezo en 1972. Les jeunes sœurs en formation y font leur postulat entre 1978 et 1988, mais le noviciat est transféré à la Maison régionale de Santa Catalina, de 1979 à 1981. Un décret établit la maison du 485, rue Los Lirios à Valdiviezo, dont les sœurs ont fait l’acquisition en 1981. Le noviciat revient alors à Valdiviezo et il y sera jusqu’en 1988. À partir du 17 août 1996, on tenta l’expérience d’un « juniorat » pour la formation des jeunes professes à San Martin de Porrès, Lima. Cette maison de formation fut fermée en 1998.

L’ouverture du noviciat de la maison de Las Perdices, dans Santa Anita eut lieu en 1988. En la fête de la Sainte-Famille, en 1989, a lieu l’inauguration du noviciat à Santa Anita en vue de la formation des candidates à la vie religieuse. Le noviciat déménage, au 280, rue Los Cascanueces, Santa Anita, dans la paroisse St-Alphonse de Ligouri. Cette communauté est ouverte pour l’accueil et la formation des jeunes aspirantes à la vie religieuse. Elles s’engagent dans la catéchèse, la pastorale de la santé et l’alphabétisation. Pendant un certain temps, cette maison a accueilli des jeunes filles en recherche d’un sens à leur vie, tout en suivant leurs études et en s’impliquant bénévolement à la garderie San José. Il n’y a plus de jeunes en formation, mais en 2025, une sœur hospitalière habite à la Maison Marie-de-la-Ferre de Santa Anita.

Des enfants mettent des plantes en terre près des bâtiments du comedor et de la bibliothèque, vers 2005. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Maison de San Carlos, Lima, 1999‑2008

En 1999, sœur Bibianne Daigle et une jeune professe en stage de formation vont demeurer au deuxième étage d’une maison à deux loyers à San Carlos. Ce secteur s’est surtout développé dans les années 1960, avec l’arrivée de familles originaires de villages situés dans les Andes, qui fuyaient les terroristes. Les sœurs hospitalières vivent dans le milieu et s’impliquent dans le travail social, la pastorale et l’aide à la paroisse.

Les sœurs se dévouent auprès des enfants et des familles défavorisées, des personnes âgées de Santa Anita et de San Carlos. Pendant un certain temps, elles auront l’aide d’une bénévole canadienne dans leurs diverses tâches et responsabilités. Les sœurs de San Carlos s’occupent de la paroisse, du comedor des enfants et de la bibliothèque. Une travailleuse sociale collabore à ces projets d’aide aux personnes dans le besoin. La maison des sœurs de San Carlos ferme en 2008.

Large avenue de la ville d’Iquitos en Amazonie péruvienne, 2005. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Garderie Cuna Maternal, 1953‑1955

La Cuna Maternal (Berceau de la mère) était une œuvre conjointe du gouvernement et d’un groupe de Dames. Les Hospitalières iront y travailler en 1953, suite à la demande de Blanca Dolci de Rieckhof, présidente de la Junta de la Defensa de la Infancia (Conseil pour la défense de l’enfance) à Iquitos.

Sœur Blanchet raconte dans les Chroniques du 29 mars 1953 : « L’œuvre première qui date de vingt-cinq ans est la « Goutte de Lait ». Sœur Imelda Cyr, qui en est chargée, distribue de 8 à 10 heures du matin, avec une ou deux aides, une moyenne de 300 bouteilles de lait de vache. La seconde œuvre ouverte en 1951 est la Garderie de 25 à 40 enfants d’un mois à trois ans dont les mères sont obligées de travailler au dehors. Elles sont en général des filles-mères abandonnées. Il se donne aussi 25 déjeuners (un bol de gruau) aux mères malades ou nourrices débiles. Le tout est financé avec un octroi du gouvernement. » L’aile nouvelle fut inaugurée le 18 juin 1953.

Sœur Valcourt et une sœur péruvienne avec quelques enfants de la Colonie infantile d’Indiana, 1960. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Communauté et Colonie infantile, 1955‑2003

En novembre 1955, quelques sœurs hospitalières arrivent à Indiana, lieu de résidence de l’évêque de l’Amazonie, pour prendre la direction de la Colonie infantile de Notre-Dame-des-Anges, fondée par l’évêque Mgr Damase Laberge, pour l’éducation des enfants de San Pablo. Avec le consentement des parents, dès l’âge de six ans, les enfants gardés au Préventorium dans la zone saine sont envoyés à Indiana, pour être scolarisés. Pendant une quinzaine d’années, les sœurs accueillent les enfants des lépreux jusqu’à ce que San Pablo ait enfin sa propre école en 1969.

Maison des sœurs hospitalières à Indiana, 1966. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Comme on ne craint plus la contagion de la lèpre, les enfants de San Pablo n’iront plus à Indiana. L’œuvre de la Colonie infantile prend alors fin, mais les sœurs continuent à travailler dans le domaine de l’éducation à l’internat des filles, à l’École Primaire pour les enfants de la région, au Pensionnat Santa Rosa pour jeunes filles et plus tard à l’École Secondaire San José pour les jeunes de l’Amazonie. D’autres sœurs donnent des cours d’arts ménagers. Une sœur enseignera l’anglais à l’école secondaire, et une autre sera directrice de l’école primaire des filles.

Casa Esperanza, propriété de l’Association des vachers dont une partie sert à la mission de Mazan, 1975. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

La communauté des Hospitalières d’Indiana comprend aussi quelques sœurs infirmières qui travaillent au dispensaire, font des visites à domicile et pratiquent une médecine préventive pour futures mamans et nouveau-nés. Indiana a aussi un jardin d’enfance.

Pour être présentes aux réalités de leur temps et de l’Église latinoaméricaine, les sœurs accordent aussi priorité à la formation de communautés chrétiennes et d’animateurs en pastorale dans les paroisses.

Communauté chrétienne de Mazan en pèlerinage à Indiana avec sœur Lapointe, 1983. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Quelques sœurs s’impliquent davantage dans la vie chrétienne des villages avoisinants le long des affluents de l’Amazone. Sœur Yvonne Lapointe fera de la catéchèse à Indiana, puis elle travaillera en pastorale à Mazan dans la selva, entre 1972 et 1986, Tout en étant rattachée à Indiana, qui est à une heure et demie de marche de Mazan, elle habite à la Casa Esperanza, propriété de l’Association des vachers dont une partie sert à la mission du Mazan. Une missionnaire canadienne laïque y travaille en pastorale de 1975 à 1978.

La communauté des hospitalières a œuvré en éducation et en santé à Indiana pendant une cinquantaine d’années. Sœur Imelda Losier, enseignante à la retraite et employée comme secrétaire de l’évêque Mgr Campos, trouve la mort dans un accident de bateau sur l’Amazone à peu de distance d’Indiana, le 17 octobre 2000. La fermeture de la communauté d’Indiana s’effectuera peu de temps après.

Sœur Juliette Gauthier, supérieure régionale, et des sœurs devant leur maison à Punchana, 1973. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Maison des sœurs à la Mission, 1961‑2023

Depuis leur arrivée en Amazonie en 1948, les sœurs de passage à Iquitos en route vers San Pablo ou Lima, profitaient de l’hospitalité de la Mission des pères franciscains canadiens à Punchana, à la périphérie de la ville d’Iquitos. Dans les années 1950, les sœurs décident de se construire une maison et achètent un terrain dans la Mission. La maison des RHSJ ouvre ses portes en 1961 et peut accueillir les sœurs de passage ou en repos. Elles vendent un terrain tout près aux sœurs Ursulines du Canada qui s’y construisent une maison.

Sœur Gaëtane Soucy, reçoit une famille dans le bateau dispensaire El Amigo 10 en déplacement sur l’Amazone et la rivière Napo, vers 1980. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

En février 1975, sœur Gaëtane Soucy et son aide sœur Évangéline Valcourt, qui travaillent en médecine préventive et à la formation de promoteurs de la santé chez les indigènes de l’Amazone, demandent qu’une communauté soit établie à Punchana pour y installer leurs bureaux. La communauté de Punchana est approuvée en avril 1979 par le Conseil régional et en 1983 par l’évêque d’Iquitos, Mgr Gabino Peral. Sœur Gaëtane Soucy voyagera en bateau dispensaire sur le Napo avec sœur Nora Lynch. Sœur Laurette Brideau fait les courses à moto pour les malades des environs qui sont seuls et hospitalisés à Iquitos.

Sœur Bibianne Daigle avec le personnel et un visiteur devant les bureaux du CETA à Iquitos, 1981. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

La maison de Punchana continue aussi de servir de pied-à-terre pour les sœurs de passage vers Lima, San Pablo et Indiana. Dès 1979, sœur Bibianne Daigle se joint en permanence à la communauté de Punchana pour faire de la catéchèse et de la pastorale, Pendant plusieurs années, elle sera assistante à la direction du Centre d’études théologiques de l’Amazone (CETA) à Iquitos.

Entre 1985 et 1994, il n’y a que trois sœurs à Punchana. La communauté ferme ses portes en 2003, mais les sœurs continuent d’utiliser la maison lorsqu’elles sont de passage. Vers 2023, la maison des sœurs est cédée aux pères franciscains de la mission du Vicariat apostolique de l’Amazone.

Le 27 septembre 1955, le Conseil provincial des RHSJ du Nouveau-Brunswick prit la décision de retirer les sœurs d’Iquitos, à cause de problèmes administratifs et du peu d’apostolat possible dans les environs. Le contrat qui stipulait que les sœurs prendraient l’administration de l’œuvre ne fut pas respecté. Les sœurs quitteront Iquitos le 31 novembre 1955. On privilégiera alors les besoins de la Colonie infantile d’Indiana qui ouvre en 1955.

Il avait été prévu que la résidence des sœurs d’Iquitos servirait de pied-à-terre pour les sœurs de passage vers San Pablo. Pour répondre à ce besoin, les Hospitalières feront construire une maison à la mission des pères franciscains canadiens située à Punchana, en périphérie d’Iquitos.

Vue de l’Hôpital de Belén à Huaraz, Ancash, 1965. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Hôpital de Belén, 1959‑1965

En décembre 1959, Mgr Teodosio Moreno, évêque de Huaraz, qui est au courant de l’excellent travail accompli par les Hospitalières de St-Joseph à San Pablo et au Hogar de la Madre à Lima, demande à la congrégation d’envoyer des sœurs à Huaraz pour prendre en charge l’Hôpital de Belén. En décembre 1959, trois religieuses hospitalières originaires du Nouveau-Brunswick et une religieuse péruvienne arrivent dans la sierra. Elles prennent la direction d’un hôpital de 70 lits qui dépend alors de la Bienfaisance. Entre 1960 et 1962, les sœurs essayent sans succès de fonder une école de formation d’auxiliaires infirmières. En 1963, l’hôpital compte 120 lits et offre les services en chirurgie, en médecine gynécologique, en obstétrique et en pédiatrie.

L’Hôpital de Belén sera remplacé par un hôpital d’État. Comme leur contrat de cinq ans est échu, les sœurs hospitalières quittent Huaraz le 15 janvier 1965. Malheureusement, l’Hôpital de Huaraz sera détruit par un tremblement de terre en 1970, mais par la suite il sera remplacé par l’Hospital Centro de Salud de Huaraz.

Paysage de la sierra, à Huaraz, Ancash, 1960. Source: Archives des Religieuses Hospitalières de St-Joseph du N.-B.

Communauté de Curhuas et Huaraz, 1999‑2012

L’ouverture d’une communauté de Religieuses Hospitalières à Curhuas et à Huaraz, en Ancash, avait comme but l’insertion apostolique dans un milieu défavorisé en vue de l’évangélisation. Ce projet répondait à la demande du père Gregorio Mezarina Paredes, curé de la paroisse San Martin de Porrès de Huaraz. Les sœurs demeurèrent à Curhuas de 1999 à 2006. Elles visitent les gens des villages de Curhuas, Chequia, Uquia et Paria et s’engagent en pastorale paroissiale. Elles se dévouent auprès de la jeunesse, des malades et des personnes âgées.

Autant à l’hôpital que dans la proximité avec les personnes les plus défavorisées de la sierra, les sœurs annoncent la bonne nouvelle de Jésus-Christ en s’efforçant d’incarner le charisme « être libre pour aimer et pour servir » légué par leur fondateur Jérôme Le Royer de la Dauversière.

De 2007 à 2012, les sœurs habiteront à Huaraz. En plus de leurs engagements en Église et dans la société, un projet apostolique prend forme en 2010 auprès des jeunes adultes de la sierra. Il s’agit d’identifier avec eux des lieux d’implication personnelle et collective, ainsi que des espaces de réflexion chrétienne sur le sens des engagements. Un atelier de travaux manuels est créé afin d’assurer des revenus pour certains participants. De jeunes étudiants s’engagent à apporter de l’aide aux devoirs pour les élèves du primaire. L’implication des sœurs hospitalières dans le milieu prend fin en 2012.